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Un an après Morsi, l'Egypte face à une crise des droits de l'Homme

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Un an après Morsi, l'Egypte face à une crise des droits de l'Homme

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Torture, décès en détention, mauvais traitements infligés aux détenus, condamnations massives à mort, voici la liste, non exhaustive, des faits qui témoignent d’un bilan lamentable de l’Egypte en matière de droits de l’homme.

Selon l’ONG Amnesty International, depuis l’éviction du président Mohamed Morsi le 3 juillet 2013, les forces de sécurités égyptiennes ont procédé à des arrestations massives et à des actes de torture qui rappellent les pires moments du régime de l’ancien président Hosni Moubarak. De nombreux témoignages de viols de détenu ainsi que des torture à électrique ont été rapportés par l’organisation.

Wiki Thawra, une initiative citoyenne menée par le Centre égyptien pour les droits économiques et sociaux, affirme, elle, qu’au moins 80 personnes sont mortes en détention au cours de la dernière année, alors que plus de 40 000 personnes ont été arrêtés ou inculpés entre juillet 2013 et mi-mai 2014.

L’islamiste Mohamed Morsi, le premier président civil de l’Egypte, a été évincé par les militaires un an après avoir été élu. Son éviction, survenue après des jours de manifestations anti-gouvernementales massives, a incité certains militants à organiser des attentats à la bombe visant la police et les soldats. Après un procès de masse en avril dernier, 683 accusés ont fait l’objet de condamnation à mort. Parmi eux se trouvent 183 partisans des Frères musulmans (formation politique de Morsi), accusés d’avoir organisé l’année dernière un attentat contre un poste de police.

Les organisations des droits de l’Homme égyptiennes et internationales ont toutes fustigé l’emprisonnement à long terme des militants politiques et des journalistes ainsi que les condamnations à mort de masse. Elles affirment également que les procédures judiciaires qui ont précédé les condamnations étaient politisées et rappellent que la répression est une violation flagrante des libertés fondamentales, y compris du droit à la liberté d’expression et de réunion.

“Au lieu de s’atteler au besoin urgent de réformes, les autorités égyptiennes ont passé la dernière année à se livrer à une répression sans précédent dans l’histoire moderne de l’Égypte”, a déclaré Hassiba Hadj-Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International. “Maintenant que le président al Sissi a officiellement pris les rênes du pouvoir, il doit mettre un terme à ces violations endémiques”.

Maha Yahya du Centre Moyen-Orient dans le groupe de réflexion mondial Carnegie a de son côté déclaré : “Il semble que les Égyptiens demandent encore une fois à échanger leurs libertés politiques contre la stabilité et la sécurité. Cependant, l’expansion de la répression sur les droits fondamentaux néglige le fait que la sécurité et la stabilité ne peuvent pas être atteintes en l’absence de liberté”.