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Sur les traces ADN de Jack l'éventreur : le tueur de Londres serait identifié

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Sur les traces ADN de Jack l'éventreur : le tueur de Londres serait identifié

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Percer à jour l’un des plus grands mystères de l’histoire criminelle mondiale 126 ans plus tard, cela paraît extraordinaire, mais au moins un expert doute de la nouvelle enquête qui aurait permis d’identifier le tristement célèbre Jack l‘éventreur. “Définitivement, catégoriquement et absolument”, affirme l’auteur britannique Russell Edwards, l’assassin est Aaaron Kosminski, un barbier polonais qui vivait à l‘époque des faits dans l’est de Londres, près des docks de la capitale. Pour échapper aux pogroms dans l’empire russe, sa famille juive s‘était réfugiée en Grande-Bretagne à la fin du XIXe siècle. “Je détiens la seule preuve digne du travail de la police scientifique dans toute cette histoire, insiste Russell Edwards. J’ai passé 14 ans à travailler sur cette enquête et nous avons résolu le mystère. Les seuls qui vont douter sont ceux qui veulent perpétuer le mythe”.

La preuve dont parle l’auteur, ce sont les résultats des prélèvements ADN effectués sur un châle qui aurait appartenu à la quatrième victime de Jack l‘éventreur, Catherine Eddowes. Cette dernière, âgée de 46 ans, se prostituait occasionnellement comme les autres “proies” du tueur en série. Son corps éviscéré et atrocement mutilé avait été retrouvé le 30 septembre 1888 à Mitre Square, une petite place de La City de Londres, par un policier qui effectuait sa ronde. Le sergent Amos Simpson aurait ramassé le châle sur la scène du crime pour l’offrir à sa femme, c’est ce qu’atteste un descendant de l’agent dans une lettre envoyée à Russell Edwards. Mais l‘épouse refusant de porter l‘écharpe, comme on peut le comprendre, elle serait restée longtemps dans une boîte avant de rejoindre le dépôt du musée du crime de Scotland Yard. C’est lors d’une vente aux enchères dans le comté de Suffolk, en 2007, que Russell Edwards a finalement acheté le châle.

Des analyses de traces d’ADN sur le vêtement ont été effectuées par Jari Louhelainen, un biologiste moléculaire de l’Université de Liverpool. Elles ont ensuite été comparées à des prélèvements d’ADN réalisés sur une descendante d’Aaron Kosminski. Résultat concordant, il n’y a aucun doute selon la thèse “Naming Jack the Ripper” (On a identifié Jack l‘éventreur) qui a été publiée ce mardi au Royaume-Uni : Kosminski est bien Jack l‘éventreur. Le barbier juif-polonais avait 23 ans au moment des horribles meurtres – au moins 5 femmes égorgées ou éventrées du 31 août au 9 novembre 1888 autour du quartier miséreux de Whitechapel – et il était d’ailleurs l’un des principaux suspects de la police londonienne. En 1910, Robert Anderson, enquêteur du bureau d’investigation criminelle de Scotland Yard, avait écrit dans un livre “Le fait est avéré : le criminel était un juif-polonais”. Beaucoup plus tard, en 1988, dans un exemplaire de l’ouvrage que son adjoint Donald Sutherland Swanson possédait, on retrouvera inscrit dans la marge le nom de…Kosminski !

Dès 1890, Aaron Kosminski fut interné pour schizophrénie. Passant le reste de son existence dans différents asiles, l’ancien barbier mourut à 53 ans, emportant peut-être avec lui le terrible secret de son passé de tueur en série…Après tant et tant de spéculations sur l’identité de Jack l‘éventreur en 126 ans, de thèses développées par des écrivains et enquêteurs, de suspects, parmi lesquels les improbables prince Albert Victor, petit-fils de la reine Victoria d’Angleterre, ou Sir William Gull, chirurgien de la reine, la piste d’Aaron Kosminski pourrait donc être enfin la bonne. Cependant, il subsiste un doute, et pas le moindre puisqu’il est émis par le professeur Alec Jeffreys qui n’est autre que l’inventeur de la technique d’analyse de l’ADN. L‘éminent professeur estime “qu’actuellement, aucune véritable preuve n’a été fournie”. A suivre…