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Chasse à la baleine : un coup de harpon dans l'eau ?

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Chasse à la baleine : un coup de harpon dans l'eau ?

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L‘étau se resserre sur la chasse à la baleine pratiquée par le Japon.

La Commission baleinière internationale (CBI) a adopté ce jeudi des critères plus stricts concernant la chasse à la baleine à des fins scientifiques, par un vote à 35 voix pour et 20 contre (et cinq absentions).

Les pays baleiniers (Japon, Islande, Norvège, Russie) se sont naturellement opposés au texte, soutenus par des pays africains et des Caraïbes. Les membres de l’Union européenne, les Etats-Unis, l’Australie, de nombreux pays latino-américains, ainsi que l’Afrique du sud et le Gabon ont voté pour.

Ce projet a été porté par la Nouvelle-Zélande. Cette résolution, comme toute décision de la CBI, n’est pas contraignante. La CBi s’est réunie cette semaine à Portoroz en Slovénie.

Cette décision reprend les critères de Cour internationale de justice (CIJ) qui avait condamné le Japon en mars dernier pour ne pas avoir respecté les termes de son programme Jarpa II. La Cour avait, en conséquence, dans son arrêté, voté à douze voix contre quatre pour la révocation de tout nouveau permis de chasse dans le cadre de ce programme. La Cour avait déjà dénoncé le vernis scientifique appliqué à cette chasse à la baleine par les Japonais notant “sa faible contribution scientifique à ce jour et le manque de coopération entre ce programme et d’autres programmes de recherche nationaux et internationaux dans l’océan Antarctique.” La cour avait aussi condamné le Japon pour la violation du sanctuaire de l’océan austral.

Le projet d’un nouveau sanctuaire en Atlantique du Nord, présenté par le Brésil, n’a par contre pas été retenu.

Les ONG de défense des animaux se sont tout de même réjouies du jugement sur les critères de chasse scientifique, saluant “un tournant”. Pour Patrick Ramage, chargé des cétacés au Fonds international pour la protection des animaux (Ifaw), il s’agit d’une “victoire cruciale” et d’un “grand pas en avant”.

Le Japon, imperturbable

Tokyo a certes profité de la réunion de la CIB pour réaffirmer que le pays “respecterait la décision de la CIJ”. Mais il n’a pas attendu le vote de jeudi pour annoncer qu’il soumettrait “d’ici la fin de l’année” un nouveau programme de pêche dans l’Océan austral à des fins scientifiques pour 2015-2016. Hideki Moronuki, commissaire adjoint japonais, a soulign que le texte adopté par la CIB “n’interdit pas la chasse scientifique”.

Un double discours qui cache donc mal sa volonté de ne pas renoncer à la chasse à la baleine dans cet océan qui abrite pourtant l’un des deux sanctuaires des cétacés dans le monde.

En 2013, les baleiniers japonais ont harponné 417 animaux au nom de la recherche scientifique. La Norvège a été le pays qui a tué le plus de baleines l’année dernière avec 594 spécimens pêchés.

Alors que la consommation de viande de baleine au Japon baisse, le lobby baleinier est déterminé à convaincre le plus grande nombre, comme en témoigne cette vidéo édifiante publiée en août dernier par l’Association japonaise de pêche à la baleine. Selon lui, les petites baleines prolifèrent faisant du tort aux gros cétacés. Et ensemble, elles mangent trop de poissons au détriment d’humains menacés de “famine poissonnière”. Enfin, manger de la baleine pourrait tout simplement mettre fin à la crise alimentaire qui menace l’humanité.

​Vidéo via L'effet Papillon