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Les animaux sauvages toujours plus victimes de l’Homme


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Les animaux sauvages toujours plus victimes de l’Homme

En 40 ans, plus de la moitié des animaux sauvages ont disparu de la surface de la Terre. C’est le constat alarmant que dresse le WWF dans la dixième édition de son rapport « Planète vivante ». Le responsable de ce triste bilan, pour l’ONG, est tout désigné : l’Homme et ses activités.

L’Homme se comporte comme un enfant unique, aveugle, selon la publication du WWF. Il agit comme s’il disposait de ressources infinies, sans prendre en compte la nécessaire régénération des écosystèmes. En substance, l’espèce humaine « consomme » plus d’une Terre. Une réalité qui, du fait d’une pression démographique toujours plus importante, sera de plus en plus patente.

« Nous nous désintéressons de leur sort pour notre propre perte »
WWF, rapport Planète Vivante, septembre 2014

Le Fonds mondial pour la nature utilise différent indicateurs pour construire son analyse, à l’image de l’indice Planète vivante, ou IPV. Ce dernier, qui mesure l‘évolution de la biodiversité à partir du suivi de 10 380 populations (groupes d’animaux sur un territoire) appartenant à 3 038 espèces vertébrées de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons, a ainsi régressé de 52%. Et Malheureusement, pour le WWF, « cette tendance lourde ne donne aucun signe de ralentissement ». En raison d’une nouvelle méthodologie, qui permet une prise en compte plus fidèle de la répartition mondiale des espèces de vertébrés, le recul de l’IPV est plus marqué que dans les précédentes éditions du rapport. Au niveau régional, le recul le plus important, soit – 83%, est observé dans une zone constituée par l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud. Les espèces tropicales ont ainsi payé un lourd tribu.

L’IPV est également affiné en fonction des milieux. En la matière, la population des espèces d’eau douce a diminué de 79% entre 1970 et 2010, alors que celles des espèces marines et terrestres ont connu une baisse de 39% sur la même période.

Un exemple concret atteste de ce dramatique dépérissement : l’éléphant d’Afrique. Les chiffres mis en avant par le WWF sont édifiants. En 1984, déjà, le pachyderme n’occupait plus que 7% de son aire de vie historique. Et sur cet espace, toujours de plus en plus menacé, la population d’éléphants s’est effondrée en raison du braconnage de 60% entre 2002 et 2011. Plus de 12 000 animaux périssent ainsi chaque année sous le feu de braconniers motivés par l’appétit des pays asiatiques pour l’ivoire. Pour illustrer ce constat, les saisies d’ivoire effectuées dans les pays du sud-est asiatique sont révélatrices : entre 1989 et 2011, 33 816 tonnes d’ivoire ont été saisies en Chine.

En surexploitant la Terre, l’Homme par son agriculture intensive, ses travaux d’infrastructure, dilapide les ressources et creuse, par là même, sa propre tombe selon l’ONG. L’empreinte écologique, soit l’ensemble des pressions exercées sur les ressources naturelles d’une surface donnée par l’Homme, ne cesse de s’accroître. Et parallèlement la « biocapacité », que l’ONG définie comme étant la superficie effectivement disponible pour assurer biens et services aux hommes, ne cesse de régresser du fait de l’accroissement de la population humaine. Concrètement en 2010 au niveau mondial, l’empreinte écologique était supérieure à la biocapacité globale de la planète. La Terre est donc dans une situation de dépassement écologique. Une situation que l’on retrouve dans la majeure partie des pays développés.

A titre de comparaison, le WWF indique que si tous les habitants de la Terre avaient la même empreinte écologique qu’un habitant moyen du Qatar – pays classé second en la matière – nous aurions besoins de 4,8 planètes. Dans le cas d’un mode de vie à « l’Américaine », il faudrait avoir recours à 3,9 planètes contre 1,5 dans le cas d’un Argentin.

« Nous savons ce que nous voulons, nous connaissons les moyens d’y parvenir, il ne nous reste plus qu’à prendre le départ. »
WWF, rapport Planète Vivante, septembre 2014

La situation dépeinte par l’ONG est sombre. Mais le WWF, dans son étude, présente également de bonnes pratiques qui ont été mises en place dans certaines régions du globe : exploitation sucrière résonnée en réduisant l’utilisation des produits chimiques et l’impact des ruissellements pour préserver la Grande Barrière de corail Australie, mise en place au Belize d’un plan de gestion respectueux des écosystèmes locaux, initiative écotouristique basée sur les gorilles des montagnes au Rwanda économiquement bénéfique pour les populations locales et qui a contribué à faire progresser le nombres d’animaux… Autant d’exemples à prendre en compte et à systématiser, alors que la Terre selon les projections actuelles sera peuplée de plus de 11 milliards d’habitants à l’horizon 2100.

Le WWF s’est associé aux ONG Global Footprint Network et Water Footprint Network ainsi qu’à la société savante Zoological Society of London, pour produire la présente étude

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