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Ann Cotton, Prix WISE 2014 : l'école, c'est aussi pour les filles !


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Ann Cotton, Prix WISE 2014 : l'école, c'est aussi pour les filles !

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Fondatrice et présidente de l’ONG Camfed dédiée à la scolarisation des filles en Afrique subsaharienne, la Britannique Ann Cotton a remporté à Doha au Qatar, le Prix WISE 2014. Cette récompense – la plus prestigieuse du Sommet mondial pour l’innovation dans l‘éducation – est attribuée à un individu ou à un groupe pour une initiative remarquable dans le domaine de l‘éducation. Elle est dotée d’un demi-million de dollars.

Pour en savoir plus sur le travail d’Ann Cotton, nous nous rendons avec elle dans une école du secteur rural du fleuve Rufiji en Tanzanie où son organisation est présente : “la première fois que je suis venue dans le village de Mola,” raconte-t-elle, “j’ai été confrontée au plus faible niveau de pauvreté que j’avais jamais vu : j’ai vu des mères qui avaient vraiment du mal à nourrir leurs enfants et à les faire soigner et ça m’a vraiment touché,” confie-t-elle. Nous rencontrons des jeunes filles dont Camfed a permis la scolarisation. Elles nous disent vouloir devenir enseignante, ingénieure ou encore pilote. Ce sont des privilégiées quand on pense qu’en Afrique subsaharienne, actuellement, 24 millions de filles ne vont pas à l‘école faute de moyens.

C’est en 1991 lors d’un voyage d‘étude au Zimbabwe qu’Ann Cotton prend conscience du faible taux de scolarisation des filles dans les campagnes : les familles qui le peuvent préfèrent envoyer les garçons à l‘école dans l’espoir qu’ils décrochent un emploi à la fin de leurs études. Or la spécialiste britannique de l’enseignement sait bien que les filles qui ont accès à l‘éducation auront tendance à moins contracter le virus du sida, à se marier plus tard, à avoir moins d’enfants et à les envoyer eux-mêmes à l‘école et qu‘à terme, toute la communauté est gagnante.

Depuis la création de Camfed en 1993, plus de trois millions d’enfants ont bénéficié des programmes de bourse de l’ONG dans des zones rurales du Ghana, du Malawi, du Zimbabwe, de la Zambie et de la Tanzanie. Dans les quelque six mille écoles partenaires, ces fonds couvrent les frais d’inscription et le coût des supports pédagogiques et financent des internats, un accès à l’eau, ainsi que la formation des enseignants.

Le modèle de Camfed ne fonctionnerait pas sans des relais locaux. Aujourd’hui, quelque 112.000 habitants bénévoles aident l’organisation à entrer en contact avec les filles qui auraient besoin de son soutien. Les bourses et les équipements sont offerts en partenariat avec les collectivités du pays en question.

Au-delà de l‘éducation des filles, l’ONG entend développer sur le long terme, un cycle vertueux de responsabilisation. Il s’agit d’inciter les filles à se responsabiliser et à améliorer leurs conditions de vie.

Les anciennes élèves soutenues par Camfed peuvent échanger grâce au réseau CAMA qui regroupe à ce jour, environ 25.000 femmes. “CAMA représente l’avenir pour nous tous,” affirme Ann Cotton, “parce que c’est un réseau de jeunes femmes extraordinaires qui sont toutes nées dans des milieux très pauvres, qui n’avaient pas la possibilité d’aller à l‘école et finalement, elles ont suivi un enseignement primaire et secondaire. Beaucoup ont fait des études et mènent aujourd’hui des carrières professionnelles,” poursuit-elle, “elles représentent l’avenir, elles sont les actrices du changement et elles sont déjà en train de transformer leur famille, leur village et de fait, leur pays et le monde.”

La fondatrice de Camfed a été maintes fois distinguée pour son engagement, non seulement par WISE, mais aussi par la Fondation Skoll, par l’==Université de Cambridge== ou encore par la reine Elizabeth II qui l’a décorée de l’Ordre de l’Empire britannique.

“Je crois que le modèle de Camfed est devenu aujourd’hui une source d’inspiration,” indique Ann Cotton, “les gens s’y intéressent, ils s’intéressent à notre gouvernance et à la manière dont nous protégeons les enfants. Donc notre travail lui-même a une influence sur ce que pensent les acteurs internationaux du développement,” dit-elle avant d’ajouter : “on veut encore gagner en importance et accroître cette influence.”

L’association s’est déjà donnée comme nouvel objectif, de scolariser un million de filles dans le secondaire au cours des cinq prochaines années.

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