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Sur la ligne de front avec les Peshmergas face aux jihadistes de l'EI


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Sur la ligne de front avec les Peshmergas face aux jihadistes de l'EI

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Libérée du joug du groupe État islamique (ou EI), Makhmour tente aujourd’hui de se reconstruire.

Dans cette localité située au sud d’Erbil – la capitale du Kurdistan irakien – un semblant de vie reprend peu à peu ses droits sous la protection étroite des Peshmergas.

L’envoyé spécial d’Euronews, Mohammed Shaikhibrahim, s’est rendu à Makhmour pour y rencontrer les forces kurdes irakiennes qui combattent en première ligne les jihadistes de l’EI.

Le climat est tendu, les troupes ennemies ne sont qu‘à 2 kilomètres d’ici. Des heurts peuvent éclater à tout moment.

Notre équipe arrive au quartier général des Peshmergas de Makhmour.

Profitant d’une accalmie, elle va pouvoir s’entretenir avec le général de division Miroan. C’est lui qui commande les forces Pershmergas dans la région. Un homme déterminé à en découdre avec les combattants de Daech, autre appellation du groupe Etat islamique.

“ Ces cercles rouges représentent les positions de Daech (l’acronyme arabe de l’EI). C’est de là qu’ils nous attaquent, explique le général de division Miroan. Nous troupes à nous sont stationnées le long de cette frontière. Actuellement, nous nous trouvons à Makhmour, comme on peut le voir sur la carte. Nous troupes sont positionnées sur ces points frontaliers exactement en face de Daech et pour l’heure, tout est sous contrôle. “

Pour remporter une victoire dans cette région au relief accidenté, tout compte : la stratégie, l’anticipation, mais aussi la supériorité numérique et la qualité de l’armement. Et c’est bien là, que le bât blesse. Moins nombreux que les combattants du groupe Etat islamique, les Peshmergas sont aussi moins bien équipés. Ici, pas de dispositifs de surveillance dernier cri, par exemple. Quant aux armes, elles dateraient des années 70 et 80.

Dernièrement, les Etats-Unis ont annoncé l’envoi de 1.500 conseillers militaires supplémentaires pour former et entraîner les forces irakiennes, y compris kurdes. La Grande-Bretagne, elle, s’est engagée à livrer à l’Irak des drones armés.

Direction à présent la ligne de front. Un trajet sous haute tension. La zone est truffée de tireurs embusqués préviennent les Peshmergas.

Cette fois, le convoi arrive sain et sauf à Perwala, dernier poste militaire avant les positions de l’EI. La veille de l’arrivée de notre envoyé spécial, 4 soldats kurdes ont été tués par un obus de mortier.

Le capitaine Nashwan dresse pour nous un état des lieux des forces en présence : “ Daech est en train de se déployer dans ce village, ainsi que dans d’autres villages des environs. Il y a des heurts tous les jours. Ils nous tirent dessus au mortier et à l’arme lourde.

Ce village là-bas, c’est Khrbaniah. Il est à 2 km d’ici. Cet autre village, c’est Al-Rashidiya et il est à peine à 4 km de nous.

Daech nous attaque de jour, en général du début de l’après-midi au coucher du soleil. “

Au-delà de la ligne de front, on devine la province de Ninive et le village d’Al-Rashidiya (dont a parlé le capitaine Nashwan) tombé aux mains du groupe Etat islamiste à l’instar de Mossoul, la capitale de la province.

Objectif pour les Peshmerga : chasser les jihadistes et reconquérir le nord de l’Irak.

Pour l’heure, ni leurs interventions terrestres, ni les raids aériens de la coalition internationale n’y sont parvenus.

Une véritable guerre d’usure s’est installée.

Mais les forces kurdes gardent espoir encouragées par leurs succès sur d’autres fronts, comme à Kobané en Syrie où l‘étau de l’EI semble se desserrer.

Retour brutal à la réalité : notre équipe doit se mettre à couvert. Les hommes du capitaine Nashwan craignent des tirs de mortiers.

Après l’alerte, notre équipe peut reprendre la route et part à la rencontre de Raed Thaeer. Cet officier du renseignement de l’armée kurde irakienne nous explique le rôle joué par les Pershmerga dans la lutte contre l’EI. Une lutte qui, en filigrane, semble également s’apparenter à une lutte pour la reconnaissance de l’identité du peuple kurde.

Raed Thaeer : “ le Kurdistan a été partagé en 4 zones. Notre cœur aussi est partagé en 4. Mais tous les Kurdes se sont rassemblés et nous sommes tous unis pour notre nationalité que ce soit en Iran, en Irak, en Syrie ou en Turquie.

Ça, ce sont les armes que nous possédons, mais nous avons besoin d’armes plus sophistiquées notamment pour détruire les blindés. On a aussi besoin d’explosifs, d’obus de mortier, de roquettes. Les combattants de l’EI utilisent des voitures piégées et ils ont des véhicules blindés.

Les Peshmerga qui appartiennent à la province du Kurdistan se sacrifient pour les autres pays dans cette guerre contre le terrorisme.”

Et l’officier Raed Thaeer de conclure : “nous sacrifions nos fils et nos filles sur tous les fronts où nous nous déployons. Nous couvrons une zone de 1.500 km. Et c’est très difficile. C’est très très difficile. “

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