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Rosetta remet en question l'origine de l'eau sur Terre


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Rosetta remet en question l'origine de l'eau sur Terre

Rosetta malmène les scientifiques. D’après les premières mesures prises par la sonde européenne à proximité de la comète “Tchouri”, l’eau est très différente de celle de la Terre. Ce qui remet en cause la théorie longtemps admise selon laquelle l’eau de notre planète bleue proviendrait des comètes.

Ces premières conclusions ont été réalisées grâce aux relevés de ROSINA, l’un des instruments scientifiques à bord de Rosetta. ROSINA, pour Rosetta Orbiter Spectrometer for Ion and Neutral Analysis, est constitué de trois éléments :

  • DFMS, spectromètre de masse à focalisation double
  • RTOF, spectromètre de masse à temps de vol de type réflectron
  • COPS, jauges de pression

Passez le pointeur de votre souris sur l’infographie ci-dessous pour localiser les différents composants de ROSINA

Le programme ROSINA a été développé par l’université de Berne, en Suisse. Cet ensemble d’instruments permet de déterminer la composition moléculaire, élémentaire et isotopique du matériau volatile de la comète, ainsi que la température, la vitesse et la densité du flux de gaz cométaire.

Les données ont été collectées entre le 8 août et le 5 septembre dernier par le spectromètre DFMS. L’objet de ces mesures étaient de quantifier le ratio entre hydrogène et le deutérium, l’un de ses isotopes. Un isotope est un élément chimique dont le noyau a le même nombre de protons et d‘électrons que l’atome de référence, mais, par contre, leur nombre de neutrons est différent.

Les résultats de cette première étude ont fait l’objet d’une publication dans la revue scientifique américaine Science.

Ainsi, à l’issue des différentes mesures, les chercheurs ont donc déterminé que la signature atomique des molécules d’eau (2 hydrogène + 1 oxygène) captées à proximité de la comète Tchourioumov est très éloignée de ce qui est observé sur Terre. En effet, selon l‘étude, le rapport isotopique est trois fois supérieur à celui de notre planète. Cela signifie que l’eau de Tchouri contient trois fois plus de deutérium.

Le mystère de l’origine de l’eau terrestre n’est donc pas percé. A l’aune de cette découverte, la piste des comètes se refroidit quelque peu. “Nous devons conclure que l’eau terrestre a été plus probablement apportée par des astéroïdes que par des comètes”, a expliqué lors d’une conférence de presse Kathrin Altwegg de l’Université de Berne. En effet, de précédentes études ont démontré que le ratio entre deutérium/hydrogène de l’eau trouvée sur des astéroïdes était beaucoup plus faible, proche de ce que l’on trouve sur notre planète.

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