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Chute de l'euro : quels impacts?

Angela Merkel envisage-t-elle sérieusement une sortie de la Grèce de la zone euro ? En tout cas, l‘évocation d’un tel scénario par le quotidien Der

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Chute de l'euro : quels impacts?

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Angela Merkel envisage-t-elle sérieusement une sortie de la Grèce de la zone euro ?

En tout cas, l‘évocation d’un tel scénario par le quotidien Der Spiegel dimanche a fait plonger la monnaie unique à un plus bas en huit ans contre le dollar ce lundi. Et si la chute de l’euro reflète l’inquiétude des investisseurs quant à la capacité des économies de la zone à rebondir, elle fait aussi les affaires du pays de la Chancelière : l’Allemagne.

Fidel Peter Helmer, Hauck & Aufhaüser private bank :
“Les pays exportateurs sont certainement heureux d’un euro faible, car leurs produits deviennent moins chers pour les étrangers.”

Les exportations sont le moteur traditionnel de la première économie de l’Union. En 2013, elles représentaient 46 % du produit intérieur brut allemand.

Si la France est leur première destination, leur deuxième n’est autre que les Etats-Unis.

Un euro faible a toutes les chances de doper la demande américaine en produits made in Germany, et donc de relancer une industrie allemande en perte de vitesse. Le recul drastique de la production du secteur l‘été dernier a bien failli faire tomber l’Allemagne en récession.

La chute de l’euro se combine qui plus est à celle des cours du pétrole. Conséquence : des prix à la pompe plus bas, et donc plus de revenus disponibles pour les ménages allemands. De quoi redonner le moral aux économistes.

Jörg Krämer, Commerzbank AG :
“La combinaison d’un euro faible et d’un pétrole moins cher pousse l‘économie, ce qui nous laisse penser que l‘économie allemande pourrait sortir de la stagnation à partir de l‘été prochain.”

Autre effet bénéfique d’un euro faible : l’inflation importée.
Car le risque déflationniste se précise en zone euro : en Allemagne, les prix n’ont augmenté que de 0,1 % en décembre sur un an.

La Banque centrale européenne redoute une spirale à la japonaise, qui verrait les consommateurs reporter leurs achats dans l’attente de voir les prix chuter davantage. Sa solution : un assouplissement quantitatif – comprenez faire tourner la planche à billets. Une option que Berlin juge trop coûteuse.

Une sortie de la Grèce de la zone euro coûterait aussi très cher
à l’Allemagne, qui détient pas moins de 65 milliards d’euros de dette grecque.

Si Berlin a démenti les affirmations du Spiegel, une chose est sure : en faisant baisser l’euro, la rumeur joue en sa faveur.