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Boko Haram les massacres dans l’indifférence


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Boko Haram les massacres dans l’indifférence

Boko Haram, le nom du groupe islamiste est revenu sur le devant de la scène par l’horreur. Mercredi dernier alors que toute l’attention était tournée vers les attaques terroristes en France, les islamistes nigérians semaient une nouvelle fois la terreur dans le secteur de Baga sur les rives nigérianes du lac Tchad.
Le groupe islamiste a lancé un premier assaut sur Baga le 3 janvier, avant de revenir plusieurs jours plus tard pour raser entièrement la ville et une quinzaine de villages aux alentours.
Des responsables locaux ont fait état d’un très grand nombre de morts mais aucun bilan n’a pu être confirmé. Quelque 20.000 personnes ont fui vers Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno, à moins de 200 km au sud, ou vers les pays voisins, selon les secours.
Plus d’une semaine après avoir pris d’assaut ce carrefour commercial du nord-est, et “il y a des corps partout” dans la ville, a rapporté un habitant lundi.
Boko Haram multiplie aussi les attentats dans le nord-est. Deux femmes kamikazes se sont fait exploser dimanche sur un marché, tuant quatre personnes à Potiskum. Un attentat a marqué les esprits samedi à Maïduguri: une bombe placée sur une fillette de 10 ans a fait au moins 19 morts.
L’armée nigériane, sous équipée, est totalement dépassée et, ce week-end, elle a appelé à une coopération internationale contre les jihadistes qui veulent instaurer une stricte application de la charia, et ont proclamé un califat dans le nord-est.

Et la contagion menace les pays voisins. Boko Haram est aussi en train de mener des raids sur l’extrême nord du Cameroun voisin. Lundi, d’intenses combats ont éclaté autour d’un camp militaire à Kolofata, à une dizaine de kilomètres de la frontière, opposant soldats camerounais à des centaines d’islamistes venus du Nigeria voisin. Selon le gouvernement camerounais, “143 terroristes” et un soldat ont été tués tandis qu’un important arsenal de guerre a été saisi.
Il s’agit de la première attaque d’envergure menée dans l’extrême-nord du Cameroun depuis que le chef du groupe islamiste, Abubakar Shekau, a, dans une vidéo postée début janvier sur Youtube, mis en garde le président camerounais Paul Biya.

Le Cameroun a longtemps été considéré par le Nigeria comme le maillon faible de la lutte contre les islamistes nigérians ceux-ci, utilisant son territoire comme base arrière et comme axe de transit d’armes. En décembre, Yaoundé a fait intervenir pour la première fois son aviation contre Boko Haram.
Actuellement, plus de 2.000 hommes sont déployés dans l’extrême-nord du Cameroun, mais des responsables militaires estiment à environ 30.000 le nombre de soldats qu’il faudrait pour mieux contrôler cette région où la frontière avec le Nigeria est très poreuse.
De son côté le Cameroun critique l’attitude du Nigeria et de la communauté internationale face à la progression de Boko Haram. Les soldats nigérians sont accusés de déserter leurs positions en abandonnant leurs armes qui sont récupérées par les islamistes nigérians. Et si l’Onu a condamné la situation dans l’extrême-nord du Cameroun elle s’est gardée d’agir pour l’instant.

En mai 2014, le Nigeria et trois pays limitrophes (Cameroun, Niger et Tchad) ont adopté à Paris, sous l‘égide de la France, un plan de riposte contre la secte islamiste. Mais le plan tarde à se mettre en place, et le président camerounais s’est plaint, depuis, à plusieurs reprises, du manque d’action de ses voisins face à la menace islamiste.
L’insurrection de Boko Haram et sa répression par les forces de l’ordre ont fait plus de 13.000 morts et 1,5 millions de déplacés en cinq ans dans le nord du Nigeria majoritairement musulman.

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