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Hausse alarmante des peines capitales dans le monde selon Amnesty


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Hausse alarmante des peines capitales dans le monde selon Amnesty

Dans un nouveau rapport sur la peine capitale, l’ONG Amnesty International dénonce une hausse alarmante des condamnations à mort dans le monde.

Moins d’exécutions, plus de condamnations

Dans son rapport, Amnesty international a recencé, en 2014, 607 exécutions dans 22 pays, soit une baisse de 22 % par rapport à 2013. Toutefois, 2466 personnes ont été condamnées l’an passé à la peine de mort, un chiffre en augmentation de 28%. L’Egypte et le Nigeria, qui ont prononcé des peines collectives, sont en grande partie responsables de cette hausse des peines capitales dans le monde.

La Chine en tête du peloton d’exécution

Selon Amnesty International, plus d’un millier d’individus ont été exécutés l’an passé en Chine, un chiffre difficilement vériable dans la mesure où les statistiques sur la peine de mort sont classées secret d‘État par Pékin. Idem en Corée du Nord. Suivent l’Iran (au moins 289 exécutions), l’Arabie Saoudite (90), l’Irak (61) et les Etats-Unis (35), encore une fois le seul pays du continent américain à avoir exécuté des prisonniers. Quatre États américains – le Texas, le Missouri, la Floride et l’Oklahoma – sont responsables de 89 % de l’ensemble des exécutions.

La lutte contre le terrorisme, un effet contre productif ?

Le Pakistan a repris les exécutions au lendemain de l’attaque contre une école de Peshawar, qui a fait 141 morts, principalement des enfants.
Le Nigeria, confronté à l’insurrection islamiste du groupe armé Boko Haram, a multiplié en 2014 les condamnations à la peine capitale, qui ont visé également des soldats reconnus coupables de mutinerie.
En Chine, les autorités ont eu recours à la peine de mort, notamment pour lutter contre les troubles qui secouent la région autonome ouïghour du Xinjiang. Au moins 21 personnes ont ainsi été exécutées en 2014 en lien avec différents attentats.

Or pour Amnesty, ces exécutions n’ont pas permis de faire baisser les actes de terrorisme. Pire, elles participent au problème.

“Alors qu’en 2014 les exécutions sommaires imputables à des groupes armés ont entaché la conscience mondiale comme jamais auparavant, il est consternant que les gouvernements multiplient les exécutions, réagissant de manière épidermique au terrorisme et à la criminalité”, Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International.

L‘élimination des dissidents politiques, des trafiquants de drogue…

Selon Amnesty, la Chine, la Corée du Nord, l’Iran et l’Arabie Saoudite continuent d’avoir recours à la peine de mort pour éliminer toute dissidence politique.
De son côté, la Jordanie a repris les exécutions pour juguler l’accroissement de la criminalité violente. Onze individus ont ainsi été mis à mort pour meurtre.
L’Indonésie, pour sa part, continue de montrer son intransigeance pour les délits liés aux trafics de drogue. Plusieurs étrangers, dont un Français et deux Australiens, sont dans le couloir de la mort, ce qui provoque des tensions diplomatiques entre Jakarta et Canberra, qui réclame avec insistance la clémence pour ses deux ressortissants.

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