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Boko Haram : l'un des groupes islamistes les plus cruels de la planète

Boko Haram voit le jour en 2002, à Maiduguria, une ville du nord-est du Nigéria, sous l’instigation de Mohamed Yusuf. Ce mouvement salafiste

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Boko Haram : l'un des groupes islamistes les plus cruels de la planète

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Boko Haram voit le jour en 2002, à Maiduguria, une ville du nord-est du Nigéria, sous l’instigation de Mohamed Yusuf. Ce mouvement salafiste djihadiste qui prône un islam radical et rigoriste a pour objectif d’instaurer un califat et d’appliquer la charia.

Le “Groupe sunnite pour la prédication et le djihad”, le nom d’origine de ce groupe terroriste, se revendique au départ des talibans afghans, avant de s’associer aux thèses djihadistes d’Al-Qaïda et de l‘État islamique.

Depuis la mort de Mohamed Yusuf en 2009, son leader est Abubakar Shekau. Le mouvement est à l’origine de nombreux attentats et massacres à l’encontre de populations civiles de toutes confessions, au Nigeria mais aussi au Cameroun, il est classé comme organisation terroriste par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Le 7 mars 2015, Boko Haram a prêté allégeance à l‘État islamique.

Les protestations islamiques au Nigéria n’ont pas débuté avec Boko Haram.

Ce mouvement arrive après d’autres, apparus notamment dans les années 1970, comme la mouvance Maitatsine, née sous l’égide de Muhammad Marwa.
Ce sont ces différentes mouvances prônant une application rigoriste de la charia, qui vont ouvrir la voie à Mohamed Yusuf, le chef “spirituel” de Boko Haram.

Ce prédicateur, qui reprend à son compte la cause islamique radicale et l’“anti-occidentalisme”, se fait connaître dans les années 2000. Il s’engage dans une logique de refus du modèle d’éducation occidental hérité de la colonisation, et considéré comme pervers. Son champ d’action, au départ, ce sera une simple mosquée de Maiduguria, dotée d’une école coranique où les familles pauvres peuvent envoyer leurs enfants.

Très vite, l’organisation se politise et attire de jeunes étudiants en rupture de ban à l’université. Parmi eux se trouvent les futurs membres de Boko Haram. Derrière la religion, un même profond ressentiment anime ces populations qui s’estiment abandonnées par les élites, le pouvoir central et les policiers fédéraux, corrompus et brutaux. C’est là que Boko Haram trouve son adn : à la fois secte et mouvement social. Intransigeance religieuse, culte du chef, techniques d’endoctrinement, intolérance à l’égard des autres musulmans et fonctionnement en vase clos sont ses fondements.

Les premières années, les autorités prennent la secte pour un groupuscule d’illuminés sans soutien et sous-estiment le danger, malgré la répression qui s’organise.

2009 marque un véritable tournant.

Les combats avec l’armée s’intensifient. Alors que la répression fait de plus en plus de victimes, Mohamed Yusuf est tué dans des circonstances floues. Le groupe entre en clandestinité, de nombreux membres de Boko Haram fuient dans les pays voisins, où ils prennent contact avec des mouvances djihadistes internationales. La secte va alors appeler officiellement au djihad et se doter d’un nouveau chef, bubakar Shekau. Shekau a été classé parmi les terroristes les plus recherchés par le gouvernement américain, qui offre une récompense de 7 millions de dollars à toute personne qui aiderait à le localiser.

Boko Haram entre alors dans une nouvelle dynamique, celle du terrorisme. Noël 2010 sera l’occasion d’intensifier la lutte contre les chrétiens. Attaques suicide, incendies, assassinats ciblés, enlèvements, exactions sanguinaires de toute sortes vont se multiplier.

Barbarie, obscurantisme, la violence de ce groupe est extrême. En 2014, Amnesty International qualifie les exactions commises par Boko Haram de crimes contre l’humanité. Le Centre international d‘études sur la radicalisation et la violence politique (ICSR) le traite de « groupe le plus féroce au monde » . Selon Human Rights Watch, environ 6 000 civils sont tués par les hommes de Boko Haram de 2009 à 2014. L’enlèvement le 14 avril 2014 à Chibok, de 276 lycéennes âgées de douze à dix-sept ans destinées à être vendues soulèvera une énorme vague de mobilisation internationale.

Soutenu au départ par des politiciens du nord, Boko Haram tire en partie ses profits des trafics, des attaques de banques et des rançons – à partir de 2013 Boko Haram revendique ses premiers enlèvements d’Occidentaux. Il aurait aussi le soutien d’AQMI et de riches sympathisants des pays du Golfe.

Difficile à dire le nombre précis de combattants dont dispose le mouvement. Les estimations sur les forces de Boko Haram vont de 6 000 à 30 000 combattants. Le mouvement recrute souvent de force, notamment en menant des raids contre des villages pour rafler des habitants. Certaines femmes sont utilisées comme kamikazes et les jeunes garçons sont enrôlés comme enfants-soldats.