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Nucléaire iranien : la confiance, jusqu'où?


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Nucléaire iranien : la confiance, jusqu'où?

Cela fait près de 12 ans que le dossier du nucléaire iranien empoisonne les relations internationales. Téhéran développe un programme atomique, assurant que c’est à des fins uniquement civiles. Mais les Occidentaux et notamment les Américains et les Israéliens en doutent, soupçonnant le régime iranien de vouloir se doter de l’arme nucléaire.

Alors, qui croire ? Tout est question de confiance, et c’est bien ce que les différents négociateurs cherchent à établir depuis des mois, et notamment depuis ces derniers jours sur les bords du Lac Léman.

Pour en parler, Nima Ghadakpour a interrogé ce jeudi en duplex depuis Téhéran, Sadegh Zibakalam, professeur à la faculté de droit et de science politiques de Téhéran.

Nima Ghadakpour, euronews:
M. Zibakalam, on observe des avancées importantes dans les négociations, mais il y a toujours des problèmes. A votre avis, qu’est-ce qui empêche l’Iran et le groupe 5+1 de trouver un accord?

Sadegh Zibakalam:
Le premier des obstacles, c’est que depuis 36 ans, il n’y a que méfiance réciproque entre l’Iran et les Etats-Unis. Mais depuis ces 19 derniers mois, les Américains sont face à un gouvernement en qui ils peuvent faire confiance. Et s’il y a un accord sur le nucléaire, ils peuvent compter sur ce gouvernement. Mais les diplomates qui négocient sont sous la pression des ultra-conservateurs des deux pays. Le gouvernement d’Obama est sous la pression des néo-conservateurs et d’Israël. Et les Américains veulent que cet accord soit rassurant pour tous les partis politiques aux Etats unis, de manière à ce que si l’Iran un jour voulait aller reprendre la fabrication des armes nucléaire, cela lui demanderait beaucoup de temps. Et coté iranien, le régime souhaite que les sanctions cessent, le plus tôt possible.

euronews:
Le ministre des Renseignements israéliens a dit aujourd’hui (jeudi) que s’il y a un accord à Lausanne, l’option d’un attaque militaire reste sur la table. Selon vous, quel message ce ministre adresse-t-il aux négociateurs en suisse?

Sadegh Zibakalam:
Des deux cotés, les ultras font la même chose : en Iran, hier, le Général Naghdi, le commandant en chef des Bassiji a, encore une fois, parlé de rayer Israël de la carte, et ces propos, au moment même où l’Iran négocie, c’est exactement l‘équivalent de ce qu’a dit le ministre des Renseignement israéliens. C’est un point délicat : tous ceux qui souhaitent la fin de la République islamique d’Iran n’approuvent pas un accord sur le nucléaire, et le gouvernement israélien en est l’exemple. Pour ceux qui souhaitent la fin du régime en Iran, un accord, c’est les mettre face à cette réalité que la République islamique est en train de se renforcer.

euronews:
Qu’est-ce qu’attend le peuple iranien de ces négociations?

Sadegh Zibakalam:
Cette semaine, les Iraniens fêtent leur nouvel an, ils sont en vacances, mais malgré tout, beaucoup d’entre eux sont attentifs. Pendant les festivités, ils écoutent aussi la radio, ils regardent la télé pour connaître les résultats de ce marathon à Lausanne. Excepté au moment de la guerre contre l’Irak, jamais selon moi, on a assisté à une telle empathie entre le peuple et l’Etat iranien sur un sujet si sensible.

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