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Réparations de guerre : Athènes réclame 279 milliards d'euros à Berlin


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Réparations de guerre : Athènes réclame 279 milliards d'euros à Berlin

Selon le ministre allemand des Finances, Sigmar Gabriel, les réparations de guerre réclamées par la Grèce n’ont rien à voir avec les négociations sur la crise actuelle de la dette grecque.

Et pourtant.  

Hier, le vice-ministre grec des Finances Dimitris Mardas, a déclaré que Berlin devait près de 279 milliards d’euros à Athènes en réparation de l’occupation du pays par l’armée nazie entre 1941 et 1944.

La somme de 278,7 milliards comprend un prêt forcé de 10,3 milliards d’euros exigé de la Banque de Grèce par les occupants, ainsi que les dommages subis par les “particuliers et les infrastructures” du pays.

La commission parlementaire grecque, qui a commencé ses travaux mercredi 1er avril, travaille aussi sur la restitution de trésors archéologiques. Un précédent rapport de la Comptabilité nationale grecque avait évalué le montant des réparations à 162 milliards d’euros.

La dette grecque contractée auprès de la zone euro se monte à 193,8 milliards d’euros.

L’occupation nazie de 1941 à 1944

Au printemps 1941, l’Allemagne nazie et l’Italie envahissent la Grèce. En plus des pertes militaires, des milliers de civils seront tués (les chiffres sont très disputés).

Pour l’historien Olivier Delorme, cette occupation constitue un traumatisme majeur car elle s’est traduite par “un déchaînement de sauvagerie“.

Le pays a été mis à feu et à sang par les sbires d’Hitler qui se sont heurtés à une résistance massive des Grecs.

Les forces nazies ont déclenché une immense famine, a expliqué l’historien greco-allemand Hagen Fleischer. “Durant le premier hiver, au moins 100 000 Grecs sont morts de faim”, selon lui. Plus de 50 000 juifs grecs ont été envoyés dans les chambres à gaz.

Les massacres de Kalavryta (envrion 700 morts, le 13 décembre 1943) et de Distomo restent les plus marquants dans la mémoire collective grecque. Celui de Distomo rappelle celui d’Oradour-sur-Glane en France. Il a été commis le même jour, le 10 juin 1944. 218 Grecs ont alors été tués par les nazis.


Un survivant visite le mémorial du massacre de Distomo.REUTERS/Yannis Behrakis

Début février, Alexis Tsipras, le Premier ministre grec a estimé que son gouvernement avait “une obligation historique“ et “morale“ à réclamer une compensation pour les destructions de la Seconde guerre mondiale.

Le 9 février, le ministre allemand de l’Economie Sigmar Gabriel a répliqué : “tous ces sujets ont été définitivement réglés juridiquement avec le traité 2 plus 4”, signé en 1990 entre les deux Allemagne et les Alliés, qui renonçaient alors à leurs droits sur les vaincus de 1945, traité qui fut approuvé par la Grèce.

En outre, l’Allemagne aurait déjà payé 72 milliards d’euros aux victimes de cette occupation selon l’agence Reuters.

L’on sait qu’en 1960, la RFA a versé 115 milliards de Deutsche Mark à la Grèce.

Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier a répété récemment que le dossier des réparations avait été définitivement réglé via des traités internationaux et qu’il était clos.

Mais plusieurs responsables des Verts se sont toutefois prononcés pour un geste de Berlin à l‘égard d’Athènes, réclamant la création d’une Fondation pour les victimes grecques du nazisme.

Le journal allemand Bild am Sonntag a récemment publié les résultats d’un sondage selon lequel 71 % des Allemands sont opposés au paiement de réparations à la Grèce.

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