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France : Selon une étude, les « égocentrés » ne sont pas majoritaires sur Facebook


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France : Selon une étude, les « égocentrés » ne sont pas majoritaires sur Facebook

Les premiers résultats d’une étude sur les usages de Facebook en France brisent certaines idées reçues. Menée de juillet 2012 jusqu’à décembre 2015, les chercheurs du projet de recherche sur la « politique des algorithmes » proposent aux internautes de télécharger l’application Algopol pour visualiser leurs interactions sociales sur le réseau américain. Les données récoltées sont ensuite analysées par les sociologues et informaticiens de différents laboratoires, centre d’analyses et entreprises à l’origine du projet. Financé par l’agence nationale de la recherche, le projet révèle trois grands types d’utilisateurs grâce aux 12 700 profils collectés.

Des « égocentrés » minoritaires mais extrêmement actifs

Seulement 15% des participants privilégient leurs propres pages à celle des autres, mais proposent plus de contenu que la moyenne. Parmi eux, les « ego-visibles » publient de manière intensive, construisent leurs personnalités numériques et visent avant tout l’élaboration d’une bonne e-réputation, notamment par le partage de liens vers les sites des médias. Les « égocentrés » sont légèrement moins actifs et se tournent avant tout vers la publication de statuts, de liens ou de photos sur leurs profils.

Hommes et femmes n’échangent pas de la même manière

Le deuxième groupe d’utilisateurs types représente 28% des enquêtés : leurs publications se font d’abord sur les pages de leurs amis. Ce groupe se caractérise par sa jeunesse (23 ans en moyenne). L’échange de messages ou de photos de pages en pages serait plutôt féminin, tandis que les hommes auraient plutôt des conversations internes à des « groupes » qui rassemblent des personnes de domaines d’intérêts communs, d’une classe ou d’un club.


Exemple d’une carte de réseau d’ami et d’interaction d’un enquêté

Une majorité plus passive qu’active

Regarder le fil d’actualité sans l’alimenter est la pratique de 58 % des participants. Cette utilisation du réseau distingue les « partageurs » des « spectateurs ». Les premiers, majoritairement des hommes, se manifestent par des commentaires, des mentions « J’aime » et le partage de liens. Les sites qui retiennent leur attention via Facebook sont principalement ceux des médias, de gauche comme de droite, ainsi que ceux traitant de la « Culture Geek ». Les « spectateurs » eux, passent du temps sur la plate-forme sans y être actif. La principale activité de leur compte est annuelle, à la réception de messages d’anniversaire sur leurs profils.


Sociologie 2.0

Sans questionnaires minutieux ou entretiens méthodiques, l’utilisation d’une application Facebook marque une évolution de la sociologie version Big Data. Entre l’enquêté et l’enquêteur virtuel, une nouvelle forme de relation s’établit. Le mouvement du web 2.0 vers l’interactivité a nourrit le projet Algopol. Les études à caractère sociologique se font grâce à l’échange entre l’homme et la machine. Au téléchargement de l’application, le volontaire accepte que son activité soit collectée par une machine puis analysée de manière anonyme. En retour, il obtient la visualisation de son réseau d’ami grâce à une carte interactive.

Un dessein de sensibilisation pour compléter l’observation

La volonté d’analyser les interactions des utilisateurs de Facebook se mêle à l’ambition de faire prendre conscience aux participants d’un certain nombre d’enjeux liés au numérique. D’une part, de réaliser ce que le réseau social peut savoir d’eux, mais plus généralement, de concevoir les possibilités offertes ou les éventuels dérives de la récolte et de l’analyse des données personnelles.

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