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Pablo Iglesias donne l'estocade au bipartisme en Espagne

Chemise à carreaux de bûcheron, queue de cheval hirsute, cet Iglesias là chante une autre chanson, celle de l’Espagne anti-corruption, avec un

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Pablo Iglesias donne l'estocade au bipartisme en Espagne

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Chemise à carreaux de bûcheron, queue de cheval hirsute, cet Iglesias là chante une autre chanson, celle de l’Espagne anti-corruption, avec un refrain repris à l’unisson “Sí podemos” (Oui, nous pouvons) ou comme disait Obama “Yes, we can”.

Si aux dernières élections européennes, célébrées il y a un tout juste un an, Podemos faisait son apparition dans l’arène politique avec cinq eurodéputés et devenait la quatrième force du pays, les élections régionales et municipales de ce dimanche lui ont permis de donner l’estocade au bipartisme qui régnait dans le royaume d’Espagne depuis les années 80, entre le parti conservateur PP et le parti socialiste PSOE.

Podemos, ou le parti des “indignés” issu du mouvement protestaire est désormais troisième dans 12 des 13 régions qui ont élu leurs parlements régionaux. Mais mieux encore, dans de nombreuses municipalités, la liste de Podemos a été la plus votée, notamment à Barcelone, où le parti socialiste finit cinquième, et à Madrid où la formation arrive en deuxième position avec un conseiller municipal de moins que le PP. Ici, le jeu des alliances lui permettrait de ravir la mairie au parti conservateur.

Si de nombreux analystes soulignent le recul du PP, le PSOE a perdu lui aussi de nombreux conseillers municipaux en faveur de Podemos qui lui ravit son électorat naturel de gauche. Un paradoxe puisque Pablo Iglesias doit son nom à son homonyme, fondateur historique du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol.

Pour la petite histoire, les parents du leader de Podemos, tous deux jeunes militants socialistes, se seraient rencontrés sur la tombe de Pablo Iglesias Posse lors d’un hommage au fondateur du PSOE. S’appelant Iglesias, le nom de leur fils était dès lors tout trouvé. D’ici à ce que le jeune Pablo Iglesias soit un jour le fossoyeur du PSOE, il n’y a peut-être qu’un pas…