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Bruxelles: Des migrants forcés de dormir dans la rue


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Bruxelles: Des migrants forcés de dormir dans la rue

Le jour se lève à peine sur Bruxelles et déjà des centaines de migrants font la queue devant l’Office des étrangers, l’organisme chargé de les enregistrer à leur arrivée. Les traits tirés, ils sont exténués, certains ont passé la nuit dehors, comme Ahmet. Il vient d’Irak, il accepte de témoigner anonymement.

“Je suis arrivé hier”, nous explique Ahmet. “J’ai dormi par terre, sans eau, ni nourriture. On entend l’Europe, l’Europe, l’Europe et on croyait que ce serait différent, pas comme ça!”

Depuis un mois, cette administration est complètement débordée, incapable de traiter toutes les demandes le jour-même. Exceptionnellement, l’Office des étrangers a créé deux files. D’un côté, ceux qui se sont déjà présentés la veille. Ils ont reçu un papier qui les place en ordre de priorité pour introduire leur demande aujourd’hui. De l’autre côté, les migrant qui viennent d’arriver. Ils devront patienter dans la rue, peut-être encore jusqu’un lendemain.

Ces demandeurs d’asile proviennent principalement de Syrie, Irak, Afghanistan, Somalie et Erythrée. Ils pénètrent dans l’espace Schengen par 3 portes: la Grèce, via la Turquie ; l’Italie par la Méditerranée et la Hongrie par les Balkans.

Selon les accords de Dublin, ils doivent s’enregistrer dans le pays d’entrée en Europe. Un système critiqué par de nombreuses associations de défense des étrangers.

“On voit bien que la plupart des migrants et des demandeurs d’asile, lorsqu’ils tentent de rejoindre un pays en particulier, c’est pour rejoindre de la famille ou un réseau de connaissances. Or aujourd’hui, tous ces éléments ne sont pas pris en compte”, dénonce Tristan Wibault, avocat spécialiste du droit des étrangers et membre de la Ligue des droits de l’Hommme.

L’année dernière, 280.000 migrants ont franchi les portes de l’Union, contre 340.000 pour le premier semestre 2015. Face à cette réalité Berlin a suspendu le renvoi des Syriens vers leur point d’entrée en Europe. Mais les autres Etats membres restes prudents. Il en discuteront le 8 octobre à Luxembourg.

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