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Il s'appelait Aylan


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Il s'appelait Aylan

Ces petits garçons ont trouvé la mort hier en Méditerranée.

Sa famille tentait de fuir la guerre en Syrie durant laquelle il avait vu le jour, en quête d’un avenir qu’elle espérait meilleur. Le petit Aylan avait à peine trois ans. Son frère, Galip (ou Ghaled selon les sources), âgé de 5 ans et sa maman Rihan 35 ans, (Rihanna ou Rehan selon les sources) ont également péri. Tous les trois ont été retrouvés noyés sur une plage turque de Bodrum après le chavirage de leur embarcation. Le père Abdhallah a survécu.

D’où venaient-ils ?

L’AFP a réussi à joindre un journaliste de Kobané, la ville syrienne d’origine de cette famille appelée Kurdi par les médias turcs mais qui s’appellerait en réalité Shenu selon un journaliste de Kobané qui affirme s‘être entretenu avec un proche de la famille durement meurtrie. D’après le journaliste Mustefa Ebdi, le père, Abdallah a été recueilli par un proche. Il ne peut pas parler du fait de son immense chagrin.

Toutefois, selon ce journaliste, la famille n’a cessé de fuir les combats en Syrie. Originaire de Kobané, une ville du nord de la Syrie, frontalière de la Turquie, la famille habitait Damas lorsque le pays s’est enfoncé dans la crise et les violences en 2011. “Ils ont quitté Damas en 2012 pour Alep”, la deuxième ville du pays, “et lorsque des combats s’y sont déclarés, ils sont partis à Kobané” affirme Mustefa Ebdi. Mais la ville kurde a été prise pour cible par les jihadistes de l’Etat islamique qui ont tenté en vain de la conquérir à l’automne 2014, se heurtant à une forte résistance des Kurdes. La famille a alors déménagé en Turquie, selon le journaliste. Puis, lorsque le siège de Kobané par l’EI a pris fin en janvier, elle est retournée dans cette ville, espérant que le calme était revenu. Mais, en juin, les jihadistes ont lancé une nouvelle offensive contre Kobané.

Où allaient-ils ?

Après cette nouvelle offensive sur Kobané, la famille a tenté de partir au Canada avec l’aide d’une tante installée dans ce pays, a témoigné cette dernière, Teema Kurdi, dans le quotidien canadien Ottawa Citizen.Teema est installée depuis une vingtaine d’années à Vancouver où elle travaille comme coiffeuse. Elle explique qu’“elle a payé le loyer pour la famille en Turquie, qu’elle a aussi essayé de se porter garante, aidée par des amis et des voisins pour les garanties bancaires au Canada mais que cela n’a pas marché”. Le dossier de la famille pour obtenir le statut de réfugié a été refusé en juin. Dès lors, la famille prend le risque de rejoindre l’Europe comme des milliers d’autres Syriens. Selon le journaliste Mustefa Ebdi, la famille a “emprunté de l’argent à un proche et ils sont partis tous les quatre pour tenter de trouver une vie meilleure”. Ils sont restés environ un mois à Bodrum avant d’embarquer mercredi à bord d’une petite embarcation pour rejoindre lîle grecque de Kos. Le bâteau a chaviré entraînant la mort d’au moins 12 Syriens à bord, dont Aylan, son grand frère et sa maman et d’autres enfants.

Le père Abdhallah qui a donc survécu a décidé de revenir à Kobané et d’enterrer ses proches dans les prochaines 48h. Une information confirmée par sa soeur Teema qui explique qu’elle a pu parler à son frère par téléphone.

Avec AFP

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