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La visite du président chinois en Grande-Bretagne irrite les défenseurs des droits de l'Homme

Jusqu‘à présent, les protestations contre ce qui est perçu comme un accueil trop chaleureux réservé au président chinois Xi Jinping, à Londres, sont

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La visite du président chinois en Grande-Bretagne irrite les défenseurs des droits de l'Homme

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Jusqu‘à présent, les protestations contre ce qui est perçu comme un accueil trop chaleureux réservé au président chinois Xi Jinping, à Londres, sont petites par la taille, mais fortes en intensité. Des manifestations organisées par des militants des droits de l’Homme ont eu lieu en marge de cette visite, notamment durant la procession sur la grande avenue menant au palais de Buckingham. La question des droits de l’Homme, justement, serait occultée par les intérêts économiques, ce qui irrite fortement l’opposition, notamment Fabian Hamilton, député travailliste et président du groupe parlementaire de défense du Tibet.

“La Chine n’est pas un pays avec lequel nous devrions traiter aux vues des nombreuses violations du droit humain qui y sont perpétrées et que notre gouvernement semble si désireux d’ignorer au nom de la croissance économique”, a-t-il dit.

Le gouvernement britannique a pourtant assuré que la question des droits de l’Homme ferait partie des sujets abordés avec le président chinois, mais en privé. Reste que pour les activistes, la question doit être traitée publiquement.

“Je pense qu’il est profondément troublant que le gouvernement britannique dise qu’il ne veut parler que de commerce et d’investissements et que les questions morales et les préoccupations relatives aux droits humains et à la solidarité avec les personnes qui souffrent aux mains de l‘État chinois soit mises de côté”, a estimé David Mepham, directeur du bureau britannique de Human Rights Watch.

L’hostilité ouverte du gouvernement chinois envers les militants des droits de l’Homme est illustrée, entre autres, par le cas Liu Xiaobo. Ce dissident de 59 ans, prix Nobel de la Paix en 2010, avait participé aux manifestations de 1989 sur la place Tian’anmen et avait été condamné à 11 ans de prison en 2009 pour “subversion” après avoir organisé une pétition demandant la fin du parti unique.

En septembre dernier, le groupe de pression américain Freedom Now a publié une lettre signée par douze lauréats du prix Nobel de la Paix et dans laquelle ils demandent à David Cameron d’appeler publiquement à la libération de Liu Xiaobo et de sa femme Liu Xia.

D’autres voix se sont élevées pour critiquer la somptueuse réception organisée pour le président chinois. Celle notamment de Rebiya Kadeer, le leader du Congrès Mondial Ouïghour pour qui le tapis rouge déroulé pour le président Xi Jinping “à été teinté du sang des minorités”. Un commentaire absurde a rétorqué Pékin.

La répression des Ouïghours, peuple musulman turcophone et plus grande minorité de Chine, comme celle menée au Tibet sont des préoccupations majeures pour les organisations de défense des droits de l’Homme. Selon
Human Rights Watch, Pékin justifie la discrimination ethnique, la répression religieuse et culturelle dans ces régions au nom de la lutte contre le séparatisme et le terrorisme.