DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

Fed, banques centrales : un marché des changes agité


Business Middle East

Fed, banques centrales : un marché des changes agité

La Réserve fédérale américaine (Fed) continue de faire preuve d’indécision sur ses taux d’intérêt. Elle a décidé de les maintenir inchangés lors de sa réunion de la semaine dernière. Mais elle a pris les investisseurs par surprise en laissant la porte ouverte à une hausse en décembre. L’institution américaine a indiqué que la conjoncture économique mondiale ne serait pas prise en compte dans sa décision et n’a pas évoqué la situation de l’emploi aux Etats-Unis. Ce qui accrédite la thèse d’un relèvement des taux dans quelques semaines.

La Fed et d’autres banques centrales maintiennent leur politique monétaire

Son ton positif a été reçu comme une bonne nouvelle par d’autres banques centrales comme celles de Nouvelle-Zélande et du Japan. L’institution monétaire néo-zélandaise n’a pas modifié sa politique monétaire, plaçant sa devise davantage sous pression comme elle le souhaitait.
Vendredi dernier, la Banque du Japon a maintenu en l‘état la taille de son programme d’assouplissement quantitatif à 80.000 milliards de yens sur un an. Elle a par ailleurs abaissé ses prévisions en matière d’inflation vu les prix de l‘énergie qui restent bas. Résultat : une hausse notable du yen face au dollar.

Pour nous éclairer sur ce sujet, nous avons interrogé comme à l’accoutumée, Nour Eldeen al Hammoury de chez ADS Securities à Abu Dhabi.

Daleen Hassan, euronews :
“Malgré des chiffres négatifs en provenance des Etats-Unis, pourquoi la Fed a-t-elle encore surpris les investisseurs ?”

Nour Eldeen al Hammoury, ADS Securities :
“De notre point de vue, la principale raison pour laquelle la Fed laisse la porte ouverte à une hausse de ses taux cette année, c’est qu’elle veut défendre sa crédibilité. Or tous les analystes savent bien que l‘économie américaine ralentit de manière notable.

“Rien de nouveau dans le dernier communiqué de la Fed”

Si la Fed était vraiment en mesure de relever ses taux comme elle l’a indiqué dans chacun de ses communiqués cette année, elle l’aurait fait plus tôt. De plus en plus de monde prévoit une hausse en décembre simplement parce que la Fed vient à nouveau d‘évoquer la possibilité de le faire. Pourtant, cette indication était présente dans chaque déclaration de la Fed depuis le début de l’année. Il n’y a rien de nouveau. Il vaut mieux attendre les prochaines publications économiques pour envisager comment s’annoncera la prochaine réunion de la Fed. Les semaines qui viennent nous montreront si elle est oui ou non en mesure de relever ses taux.”

euronews :
“A la suite de cette décision, comment se porte le marché des changes au niveau mondial et au Moyen-Orient ?”

Nour Eldeen al Hammoury :
“La décision de la Fed a eu un impact positif notable sur le dollar américain comme de plus en plus de monde table sur une hausse des taux en décembre. On a constaté une forte demande en dollars au Moyen-Orient sur nos plateformes d‘échanges. Ce qui a conduit à un déclin remarquable du dollar néo-zélandais et du yen japonais.

Volatilité des cours des devises

Mais les chiffres sur l‘économie américaine qui ont été publiés après la décision de la Fed n’ont pas aidé le dollar américain. Du coup, la plupart des autres monnaies ont regagné les pertes qu’elles avaient enregistré après la réunion de la Fed. Donc, le marché des changes reste agité et ce sera probablement encore le cas au Moyen-Orient alors que cette incertitude au sujet des décisions de la Fed se maintient entre chacune de ses réunions.”

euronews :
“Cette semaine ont lieu les réunions de la Banque d’Angleterre et de la Banque de Réserve d’Australie. A quoi vont-elles aboutir d’après vous ?”

Nour Eldeen al Hammoury :
“D’après nos analyses, ces deux économies sont stables. Depuis leurs dernières réunions, les publications économiques les concernant font état d’une forme de stabilisation. De plus, il est probable que la décision de la Fed donne à ces deux banques centrales, la capacité d’attendre un peu plus avant d’agir lors des prochaines réunions.
La Banque d’Angleterre pourrait faire allusion à une hausse de ses taux qui interviendrait plus tôt l’an prochain. Ce qui pourrait permettre de soutenir la livre britannique.
Du côté de la Banque de Réserve d’Australie, la dernière décision de la Banque populaire de Chine et le communiqué de la Fed vont probablement l’aider à maintenir sa politique monétaire inchangée. Si c’est qu’elle fait, il est possible que le taux de change du dollar australien se maintienne entre 0,70 et 0,73 cents pour un dollar américain.”

La colère de l’Arabie saoudite après la dégradation de sa note par S&P

L’Arabie saoudite a reproché à Standard and Poor’s de ne pas s’appuyer sur des faits pour établir ses notations, remettant en cause la méthodologie que l’agence a employée pour dégrader d’un cran, sa note long terme la faisant passer de AA – à A + après l’augmentation du déficit du royaume. En cause : la trop grande dépendance de son économie aux cours du pétrole.

Pour Riyad, cette évaluation “est le fruit d’une réaction précipitée, injustifiée et ne se basant pas sur la réalité.” A cause de la forte chute des prix du pétrole, le déficit budgétaire de l’Arabie saoudite, l’un des tout premiers producteurs mondiaux d’or noir, pourrait atteindre 16% du PIB en 2015 contre 1,5% en 2014. Pour l’agence de notation, cette dépendance au pétrole et les dépenses courantes fixes rendent vulnérables les finances publiques de l’Arabie saoudite.

Chaque histoire peut être racontée de plusieurs manières differentes : retrouvrez les perspectives des autres journalistes d'euronews dans nos autres équipes linguistiques.

Prochain article

Business Middle East

Les sous-entendus de la BCE et le nouveau défi d'Abou Dabi