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L'avenir démocratique de la Birmanie en jeu

Le Myanmar, ancienne Birmanie, se prépare à vivre ses premières élections “libres” depuis plus de 25 ans. Dimanche, trente millions de Birmans sont

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L'avenir démocratique de la Birmanie en jeu

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Le Myanmar, ancienne Birmanie, se prépare à vivre ses premières élections “libres” depuis plus de 25 ans. Dimanche, trente millions de Birmans sont attendus aux urnes pour élire trois quarts des 664 sièges du parlement bicaméral. Un quart des sièges étant réservé aux militaires qui ont gouverné ce pays du sud-est de l’Asie pendant un demi-siècle.

93 partis sont en lice, mais le favori est la Ligue Nationale pour la Démocratie d’ Aung San Suu Kyi. Très populaire, la prix Nobel de la Paix a été enfermée pendant plus de 15 ans par la junte militaire entre 1989 et 2010. Aujourd’hui Aung San Suu Kyi veut accélérer les réformes et voudrait un Etat respectueux des minorités ethniques et religieuses qui représentent 30 % de la population.

Son principal adversaire est le parti au pouvoir, issu de la junte, l’USDP, le Parti de la solidarité et du développement de l’Union. Il est soutenu par le mouvement Ma BaTha formé par des moines bouddhistes extrémistes qui ont une forte influence dans les zones rurales. Récemment, l’ONU s’est d’ailleurs dit préoccupé par “l’usage de la religion à des fins politiques”.

Le Myanmar ne s’est ouvert que récemment, en 2011 avec l’auto-dissolution de la junte militaire et l‘élection du Président sortant Thein Sein, un ancien général. Ses réformes ont permis la levée progressive des sanctions imposées à la Birmanie.

Des prisonniers politiques ont été libérés, la censure a été levée, mais depuis quelque temps le Myanmar est en proie à un discours “anti-musulman” , un discours de “haine” dénoncé aussi par le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon.

Sur un total de 6000 candidats aux élections, peu sont d’ailleurs musulmans. Même le parti d’Aung San Suu Kyi a cédé à la pression des moines bouddhistes extrémistes et n’a pas de candidats musulmans. Or, les musulmans représentent près de 5% des 51 millions de Birmans.
Certains sont même privés de leur droit de vote, c’est le cas d’un million de musulmans sunnites Rohingyas.

Originaires de l’actuel Bangladesh et déplacés sous l’Empire britannique, ils ne sont même pas considérés comme Birmans, et sont particulièrement persécutés par le régime.

Pour plus d’informations sur le système politique birman

Ce sera au nouveau parlement de former un collège électoral pour élire le nouveau Président.

La Consitution interdit à Aung San Suu Kyi de devenir Présidente, à cause de la nationalité étrangère de son mari et de ses enfants.

Pour la première fois, le Myanmar a invité des observateurs internationaux pour surveiller le déroulement des élections. Il s’agira d’observateurs de l’Union européenne et du Centre Carter, basé aux Etats-Unis.