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Jardiner, rien de tel pour apprendre le développement durable !


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Jardiner, rien de tel pour apprendre le développement durable !

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Surconsommation, pollution, changement climatique… Alors que notre planète est mise à mal par des décennies d’excès, comment apprendre aux nouvelles générations à trouver des solutions ? Dans cette édition, découvrons deux initiatives exemplaires en la matière.

Etats-Unis : des cours comestibles

Et si le jardinage et la cuisine étaient inscrits au programme des écoles ? C’est la recette appliquée à l‘école Martin Luther King de Berkeley aux Etats-Unis. Objectif : donner le goût du développement durable aux enfants. Sur place, nous découvrons un jardin potager de 4000 m² où ce matin-là, des élèves d’une douzaine d’années rejoignent leur professeur de jardinage, Geoff Palla pour un cours sur les vertus du compost. “Ils ont la possibilité de toucher ce qu’ils trouvent dans la nature, explique-t-il avant d’ajouter : C’est une manière de découvrir le jardin par eux-mêmes (…) et ça les marque beaucoup plus que si on leur montre les choses.”

Les élèves apprennent à cultiver des fruits et des légumes et s’initient à toutes les étapes que cela implique. Des activités inédites pour la plupart des enfants comme Olivia : “J’aime bien qu’on fasse pousser des choses, qu’on prenne soin des lieux, qu’on nettoie,” insiste-t-elle.

Dans un pays où les exploitations intensives et industrielles dominent dans l’agriculture, le projet Edible Schoolyard (ou Cour d‘école comestible) met au contraire l’accent sur le développement durable. Les enfants prennent conscience de leur responsabilité en matière d’environnement. “On forme aussi les élèves à une gestion environnementale durable : comment prendre soin de la planète, comment travailler ensemble pour économiser les ressources, souligne la directrice de ce projet Kyle Cornforth. Pour vouloir prendre soin de quelque chose, il faut d’abord en tomber amoureux, dit-elle, et si les enfants n’ont pas l’opportunité de se confronter directement à la nature et de tomber amoureux du processus qui consiste à faire pousser des aliments, les cuisiner et les déguster ensemble, comment pourraient-ils être capables d’en prendre soin ?”

La suite se passe derrière les fourneaux. Au menu du jour pour cette autre classe : préparation d’une polenta. Tous les ingrédients sont biologiques, récoltés dans le jardin ou produits localement. “Ici, on a beaucoup plus de choses à disposition, des choses plus saines que ce qu’on mange à la maison,” indique le jeune Jessie.

Le cours de cuisine est aussi l’occasion d’enseigner de bonnes habitudes d’après Esther Cook, enseignante en cuisine : “On essaie de faire en sorte qu’ils se rendent compte du temps et de l’effort nécessaires pour produire de la nourriture pour qu’ils ne gaspillent pas les choses quand ils rentrent chez eux. Quand par exemple, poursuit-elle, ils veulent jeter une tomate dans le compost, je leur dis : “Rappelez-vous quand vous avez planté la graine du plant de tomate il y a des mois ; jeter cette tomate dans le compost, ça ne prend qu’une seconde or ça vous a pris des mois de travail et c’est tout ça que vous jetez avec la tomate.”

Depuis la création de la première “Edible Schoolyard” par la chef américaine Alice Waters, le projet a essaimé dans le monde entier avec plusieurs milliers d‘établissements participants.

Colombie : faire pousser des plantes sur des ordures

Considérée autrefois comme l’une des villes les plus dangereuses au monde, Medellín en Colombie doit aussi mener la lutte contre la pollution. C’est dans ce contexte qu’un projet est mené pour transformer la décharge la plus connue de Medellín en un agréable jardin.

Dans les années 70 et 80, de nombreux habitants des campagnes s‘étaient s’installés dans ce quartier de Moravia à proximité d’un immense dépôt d’ordures. Depuis, 10.000 personnes ont été relogées vers d’autres secteurs de la ville. Mais il restait à nettoyer les lieux.

C’est tout le sens de l’initiative baptisée Moravia du nom du quartier concerné qui a été lancée par la Ville. Des ingénieurs en environnement en formation y participent comme Joe Sanchez. Il nous présente cette grande colline en cours de réaménagement, des masses de terre ont été apportées pour recouvrir l’amas de déchets présents sur place. On les distingue encore à certains endroits. “Aujourd’hui, on a beaucoup de défis environnementaux à relever, surtout dans un pays comme la Colombie où les conflits armés ont un impact négatif sur l’environnement, à la campagne comme dans la ville, explique le jeune homme, j’ai décidé de faire des études d’ingénieur dans ce domaine pour trouver une solution à tous ces problèmes.”

C’est à l’institut “Tecnologico” que Joe et ses camarades sont formés. On y enseigne la chimie, les mathématiques, l’agronomie et l’ingéniérie en environnement. L’un des premiers professeurs de cette filière, c’est Jorge Montoya. Nous lui avons demandé quelle avait été l’idée de départ. “L’idée, c’est que les élèves en menant des projets concrets qui partent donc de situations réelles se confrontent au monde professionnel, affirme-t-il. Le domaine de l’ingéniérie en environnement représente pour eux une énorme opportunité de travailler aujourd’hui sur ce qui peut être fait en matière de transformation et de protection de l’environnement partout dans le monde et en particulier, en Colombie,” conclut-il. Les élèves utilisent les plantes pour nettoyer le site : leur action filtrante contribue sur la qualité de l’air, du sol et de l’eau. L’apprentissage va bien plus loin que le jardinage.

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