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Rencontre Orbán-Poutine : quels enjeux ?


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Rencontre Orbán-Poutine : quels enjeux ?

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Un an, jour pour jour, après la visite de Vladimir Poutine à Budapest, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán est invité à son tour ce mercredi par le président russe à Moscou. La coopération économique entre les deux pays sera au coeur de cette rencontre, qui cache également un enjeu stratégique. Moscou compte sur l’aide de Budapest pour obtenir la levée des sanctions européennes qui frappent durement son économie. Et Budapest espère la levée des sanctions russes…

Des enjeux commerciaux

Viktor Orbán et Vladimir Poutine devraient évoquer plusieurs points cruciaux :

  • L’accord controversé sur l’extension de la centrale nucléaire de Paks : un contrat de 12,5 miliards d’euros financé en grande partie par un prêt consenti par Moscou. Or, Bruxelles a ouvert plusieurs enquêtes pour déterminer si cet accord est conforme aux règles européennes.
  • La Hongrie pourrait acheter à la Russie une vingtaine d’hélicoptères militaires et huit hélicoptères civils. Montant estimé du contrat : environ 560 millions d’euros. La question du conflit d’intérêts se pose, alors que Budapest est membre de l’OTAN.
  • Des discussions sont en cours pour ouvrir une compagnie aérienne hongroise avec la contribution russe.
  • Les sanctions de l’UE contre la Russie et les sanctions russes contre la Hongrie devraient être évoquées, même si cela n’a pas été officiellement confirmé.

La Hongrie, un intermédiaire entre Moscou et Bruxelles

A travers ces accords avec la Hongrie, la Russie montre à Bruxelles qu’elle compte des alliés au sein de l’Union européenne. Le contexte diplomatique reste tendu : les Vingt-Huit ont approuvé en décembre dernier le prolongement pour six mois des sanctions économiques contre Moscou, malgré les réticences de certains Etats membres, dont la Hongrie, qui souffrent de la dégradation des échanges commerciaux avec la Russie.

Inversement, un rétablissement des relations avec l’UE apporterait une bouffée d’oxygène à une économie russe qui souffre de la baisse des cours du pétrole. “Nous n’avons pas été à l’origine des sanctions, ce n’est pas à nous de les lever’‘, a dit le Premier ministre russe Dmitri Medvedev, dans une interview exclusive accordée à euronews. Dans cette situation, la Hongrie peut jouer les messagers entre Moscou et Bruxelles. Et elle n’est pas seule…

Des pays comme la Grèce, la Bulgarie, Chypre, l’Italie, qui ont eux aussi particulièrement souffert de l’embargo russe, pourraient faire pression sur le Conseil européen afin qu’il allège les sanctions, estime András Deák, directeur de recherche au sein de l’Institute of World Economics.

La Russie, un partenaire vital pour Budapest

Au cours des deux dernières années, les exportations hongroises vers la Russie ont chuté de 50 %. Certains experts pensent que Budapest cherche en coulisses un moyen d’obtenir la levée des sanctions russes pour relancer son économie.

La Hongrie, tiraillée entre l’UE et la Russie

Pour l’ancien ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Balázs, le rapprochement entre Budapest et Moscou, en particulier sur le plan énergétique, serait allé trop loin aux yeux de Bruxelles. Il estime aussi que la Hongrie n’a pas tiré le meilleur parti de son adhésion à l’OTAN et à l’UE dans cette situation délicate, et à, au contraire, cherché des alliés du “mauvais côté”.

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