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Pour ou contre l'expulsion de "criminels étrangers" : les Suisses votent


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Pour ou contre l'expulsion de "criminels étrangers" : les Suisses votent

L’affiche représente un mouton noir éjecté à coup de pattes arrières par un mouton blanc et est frappée de ce slogan : “Oui au renvoi de criminels étrangers”. La campagne est signée de l’Union démocratique du centre (SVP en suisse allemand), la droite nationaliste populiste suisse, qui “est à l’origine de l’initiative populaire (“votation) de ce dimanche sur la question.

Si le oui l’emporte, un étranger condamné pour deux infractions, même mineures, pourra être expulsé de Suisse.
Les étrangers représentent 25% des 8 millions d’habitants de ce petit pays où est appliqué le droit du sang.

“Qu’une personne ait vécu ici pendant plus de 30 ans, ou qu’elle soit née ici et appartienne à la deuxième ou troisième génération née en Suisse dans sa famille- elle reste une étrangère, explique Filippo Lombardi, un élu du canton du Tessin. Un quart de la population est donc soumis à une peine supplémentaire à laquelle les autres échappent, c’est une injustice flagrante.”

En amont de l’initiative populaire, les demandes de naturalisation ont explosé depuis le début de l’année, grimpant de 40% à Zurich qui compte une large part de “secondos” – terme désignant les personnes nées en Suisse de parents étrangers-, la hausse s‘établit à 60% à Nyon dans le canton de Vaud.
Les plus fortes demandes de naturalisation concernent les résidents espagnols, viennent ensuite les résidents français, portugais, macédoniens.

Les Suisses s’exprimeront sur d’autres sujets à l’occasion de cette votation, (notamment sur la construction d’un deuxième tunnel alpin à Saint-Gothard ou sur un projet contre la spéculation sur les denrées alimentaires), mais la question de l’expulsion des étrangers fait particulièrement débat, deux ans après une autre votation sur l’instauration de quotas pour les travailleurs étrangers.

L’initiative «contre l’immigration de masse» approuvée le 9 février 2014, jugée incompatible avec la libre circulation des personnes, avait d’ailleurs suscité des tensions entre Bruxelles et Bern.
L’UE avait opposé une fin de non-recevoir à la renégociation de l’accord de libre circulation. La Suisse s‘était alors dite prête à faire cavalier seul pour limiter l’immigration.

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