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Corée du sud: un film sur les femmes de réconfort en tête du box office

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Corée du sud: un film sur les femmes de réconfort en tête du box office

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Un film sur une page sombre de l’Histoire en tête du box office en Corée du Sud, celle de l’esclavage sexuel des femmes coréennes abusées par les

Un film sur une page sombre de l’Histoire en tête du box office en Corée du Sud, celle de l’esclavage sexuel des femmes coréennes abusées par les troupes japonaises pendant la Seconde guerre mondiale. En l’espace d’une semaine, “Spirits’ homecoming” a enregistré plus d’un million d’entrées. Il aura fallu quatorze ans au réalisateur Cho Jung-rae pour porter à l‘écran l’histoire de l’un des ces “femmes de réconfort”, qu’il a côtoyées pendant de longs mois au sein d’un foyer, pour mener à bien son projet. Il s’est aussi inspiré du dessin “Femmes en proie aux flammes”, de Kan Il-Chul, emmenée de force à seize ans par des membres de l’armée. Son illustration montre un groupe de femmes en costume traditionnel, brûlées vives, entourées de gardes armés pour éviter qu’elles ne s‘échappent.
Malgré leur âge avancé, certaines survivantes ont pu assister à la première du film.

“Ces grands-mères m’ont raconté que, si je faisais le film, je devais le faire bien pour que leurs histoires soient relatées”, explique Cho Jung-rae. “Cela a été ma plus grande motivation, et de loin”.
Faute de producteurs engagés, une campagne de financement participatif a été lancée : près de 75 000 personnes ont mis la main à la poche pour que ce film voit le jour, et nombre d’entre elles ont été touchés par le résultat. “Je ne trouve pas de mots tellement mon coeur est rempli d‘émotion”, témoigne une spectatrice, Hang Hyeon-Mi. “J’espère que le Japon présentera des excuses sincères à ces femmes”. “Ce film a été produit grâce au crowfunding, auquel j’ai participé”, indique un jeune homme, Jeang Tae-Hyun, à la sortie d’une séance, “et je trouve super de voir mon nom à l‘écran. J’espère que les gens vont continuer à aider les femmes de réconfort en s’engageant dans des activités sociales, mais aussi en se mobilisant, tant que le Japon ne se sera pas sincèrement excusé auprès d’elles”. Si ces femmes ont été peu nombreuses à sortir de l’ombre, près de 200 000 victimes seraient à déplorer d’après les estimations des militants sud-coréens. Seules 44 d’entre elles sont toujours en vie dans le pays, sur les 238 à avoir livré leur vécu au grand jour. Le film est sorti près de deux mois après l’accord historique conclu entre les deux pays fin décembre. Un accord assorti des excuses de Tokyo, qui prévoit l’indemnisation
des victimes et devait mettre un point final à ce contentieux historique, mais qui a pourtant fait l’objet de vives critiques chez une large partie de la population coréenne.