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Pour le HCR le renvoi des migrants « pourrait mettre des personnes en danger »

Les expulsions de migrants vers la Turquie ont commencé ce lundi. Quelques centaines ont débarqué dans le petit port de Dikili, ou ils ont été

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Pour le HCR le renvoi des migrants « pourrait mettre des personnes en danger »

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Les expulsions de migrants vers la Turquie ont commencé ce lundi. Quelques centaines ont débarqué dans le petit port de Dikili, ou ils ont été enregistrés. En contrepartie, seulement quelques dizaines de réfugiés syriens sont arrivés en Allemagne.

Depuis que l’accord a été conclu entre l’Union européenne et la Turquie, des ONG le critiquent. Elles estiment que la Turquie n’est pas un pays sûr, ou renvoyer les migrants. En cause notamment : les expulsions de réfugiés syriens dans leur pays, auxquelles procéderait Ankara depuis qu’ont commencé en octobre les négociations avec Bruxelles, selon Amnesty International.

Lundi, il semblerait que les migrants aient été plus nombreux à avoir effectué le trajet inverse vers Lesbos, preuve que l’effet dissuasif ne fonctionne pas, pour l’instant.

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés a averti la semaine dernière que le renvoi de migrants de Grèce vers la Turquie était dangereux car aucun des deux pays est suffisamment prêt. Euronews a interrogé Philippe Leclerc, représentant du Haut-Commissariat aux réfugiés à Athènes.

Euronews:
« Pensez-vous toujours que les retours n’auraient pas dû débuter aujourd’hui? »

Philippe Leclerc:
« Nous pensons qu’une mise en œuvre précipitée de cet accord pourrait mettre des personnes en danger, en particulier les Afghans qui pourraient être renvoyés comme ils ont été renvoyés de Chios et les mettre en grande difficulté. A Lesbos la plupart des gens renvoyés étaient des personnes qui n’avaient pas besoin de protection internationale, principalement des Pakistanais et nous n’avons pas de problème avec ceux qui ne font pas une demande d’asile. »

Euronews:
« Est-ce que cet accord entre l’Union européenne et la Turquie est légal? »

Philippe Leclerc:
« Nous pensons que des garanties légales doivent être établies à la fois en Turquie et en Grèce pour que cet accord soit légal. A l’heure actuelle de telles garanties ne sont pas assurées dans les deux pays. La loi a été adoptée en Grèce le 3 avril et elle est maintenant appliquée, cela demande un minimum de stabilité pour l’administration pour permettre la mise en œuvre des garanties nécessaires. C’est la même chose en Turquie où les procédures d’asile pour les Afghans et les Irakiens en particulier doivent être renforcées pour que personne ne soit menacé. »

Euronews:
« Il y a actuellement en Grèce 50 000 personnes bloquées dans le pays. Quelle est la situation pour ces personnes? »

Philippe Leclerc:
« La situation est particulièrement grave au passage de frontière à Idomeni dans le nord du pays où 10 000 personnes espèrent traverser la frontière, pourtant fermée. La situation est aussi préoccupante au port du Pirée. Nous assistons les autorités grecques dans la mise en place de camps afin d’offrir des conditions d’accueil dignes. »

Euronews:
« Mais pensez-vous que les personnes actuellement en Syrie ou en Turquie seront empêchées de venir? »

Philippe Leclerc:
« C’est toujours difficile de savoir ce que les personnes veulent faire. Les passeurs disent quelque chose et nous nous essayons de faire des campagnes d’information en Turquie pour expliquer aux personnes leurs droits et la protection qu’elles peuvent obtenir en Turquie. Mais à la fin c’est l’individu qui décide s’il veut ou non risquer sa vie et traverser la mer clandestinement pour rejoindre la Grèce ou d’autres pays en Europe. »