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Tchernobyl : une radioactivité mouvante

Ce que l’on nomme la mer de Kiev est en réalité un lac artificiel de 110 km de long. Il s‘étend des environs de Kiev (Ukraine) à Prypiat, dans la

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Tchernobyl : une radioactivité mouvante

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Ce que l’on nomme la mer de Kiev est en réalité un lac artificiel de 110 km de long. Il s‘étend des environs de Kiev (Ukraine) à Prypiat, dans la zone d’exclusion de Tchernobyl. A Kiev, certains craignent le déclenchement d’une sorte de tsunami radioactif pouvant atteindre la capitale si le barrage devait céder. Des composants radioactifs ont en
effet été trouvés au fond de cet immense réservoir, particulièrement dans sa partie nord.

Membre de l’Académie nationale des Sciences de l’Ukraine, Igor Mahnyov a conçu un robot flotteur pouvant détecter les rayonnements gamma en profondeur. Dans la mer de Kiev, il a détecté des traces de
cesium. On trouve donc bien des sédiments radioactifs au fond de ce lac. Et ce, à des niveaux bien supérieurs à la normale.

“La présence de substances radioactives dans l’eau se retrouve inévitablement dans les poissons, qui ingurgitent des plantes et d’autres nourritures encore, indique-t-il. Ainsi, celui qui mange ce poisson consomme de facto des éléments radioactifs.”

Outre les radionucléides, qui sont une survivance de la catastrophe de
1986, les scientifiques observent que la rivière Prypiat amène de nouvelles pollutions en provenance des environs de Tchernobyl. Selon Igor Mahnyov, il est impossible d‘établir quelles parties de la mer de Kiev et des eaux environnantes sont contaminées… et donc si les poissons qui y évoluent sont propres ou non à la consommation, dans la mesure où ils se déplacent. “Nous avons réalisé des mesures à cet endroit précis et oui, c’est propre, mais en d’autres endroits, nous trouvons une accumulation de radionucléides”, déplore-t-il.

Plus au sud, proche des alentours de Kiev, près du grand réservoir de Vychgorod, nombreux sont ceux qui organisent pendant l‘été des picnics, qui viennent pêcher et nager. “Je ne suis pas inquiet du tout, confie ce pêcheur, Vadim Tsipilov. Parce que je ne vais de toute façon
pas manger ce poisson, juste le pêcher. Je sais parfaitement ce qu’a été Tchernobyl. Mais nous sommes ici en aval”…