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Brésil : l'avènement de Michel Temer ?

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Brésil : l'avènement de Michel Temer ?

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C’est le moment qu’attendait Michel Temer, vice-président de Dilma Rousseff depuis 2011. Pendant les 180 jours du procès qui sera mené contre la présidente, il occupera son poste. Si le procès conclut à la culpabilité de Dilma Rousseff, il pourrait peut-être diriger le Brésil jusqu’au 31 décembre 2018.

Presqu’inconnu des Brésiliens et encore plus impopulaire que Dilma, il n’est crédité que de 2 % d’intentions de vote en cas d‘élection, et il pourrait aussi faire l’objet d’une procédure de destitution… dans un second temps…


“Je vais tranquillement et respectueusement attendre la décision du Sénat. C’est le Sénat qui aura le dernier mot sur cette question, il serait inapproprié pour moi de m’exprimer avant la fin du processus”, a-t-il déclaré.

Mais il a déjà fait fuiter une partie de son discours d’investiture bien avant la suspension de Dilma Rousseff. Et il a déjà constitué son cabinet. Le nombre de ministères passerait de 32 à 22. Une mesure symbolique pour montrer sa détermination à réduire les dépenses publiques et à mettre de l’ordre, alors que le Brésil traverse sa pire récession depuis les années 1930.

Selon les projections, le PIB va encore reculer de 3,9 % cette année. L’inflation atteint près de 10 %. Les taux d’intérêts avoisinent 14,25 %. Et le déficit a déjà atteint 10,4 % du PIB en 2015, alors que la dette brésilienne est hors de contrôle.

Tous les mois, 100 000 emplois sont détruits au Brésil. Pour tenter de redresser la barre, Temer préparerait un paquet de mesures libérales, par nature impopulaires, dont un ajustement budgétaire sévère, une réforme du système déficitaire des retraites, une réforme de la législation du travail, ainsi que des privatisations.


“La situation économique au Brésil dépend de nombreux facteurs, et on estime que la récession va continuer encore un certain temps, quelques années de plus. Aucune mesure ne peut résoudre d’un coup de baguette magique le problème, quel que soit le gouvernement” explique Michael Freitas Mohallem, professeur de droit de la Fondation Getulio Vargas.

Un autre ingrédient de ce cocktail explosif s’appelle Petrobras. L‘énorme scandale de corruption, aux développements judiciaires imprévisibles, éclabousse toute la classe politique, et notamment le PMDB, le parti de Michel Temer…

Le Brésil occupe donc l’espace médiatique par cette telenovela à rebondissements au lieu, par exemple de mettre en avant les JO 2016. L’action du gouvernement a été inexistante pendant de longs mois pour tenter de redresser l‘économie ou… attirer les visiteurs étrangers aux Jeux olympiques de cet été.

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