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Les incendies californiens favorisés par cinq années d’intenses sécheresses

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Les incendies californiens favorisés par cinq années d’intenses sécheresses

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En Californie les feux dévastent une nouvelle fois, la côte ouest du pays. Trois cents pompiers étaient mobilisés au nord de Los Angeles mardi, pour les contenir sur près de 17km² autour des villes de Duarte et d’Azusa. Près de Santa Barbara dans la forêt nationale de Los Padres, l’incendie surnommé Sherpa, d’origine inconnue pour le moment, a quant à lui déjà détruit plus de 32km². Le plus vaste dans la région depuis 2009, selon une porte-parole de l’institut californien d’information sur les incendies du comté de Santa Barbara. L’état d’urgence y a d’ailleurs été décrété.

Une situation exceptionnelle ?

La Californie est un terrain propice au développement de feux de forêts récurrents et qui en raison de la végétation et des conditions climatiques peuvent devenir rapidement incontrôlables. Entre 2010 et 2015, le Centre américain de coordination inter-agence (…) a recensé, auprès des différents bureaux de surveillance de la région, les incendies qui se sont propagés dans l’Etat. Il comptabilise sur cette période plus de 49 000 feux de forêts et plus de 12 000 km² de végétation brûlée. Quatre d’entre eux se classent parmi les vingt les plus importants que la Californie ait connus depuis 1932.

Une sécheresse historique

Si les facteurs de risque sont multiples, depuis 2012, l’Etat de la côte ouest fait de plus face à une situation de sécheresse historique qui favorise leurs propagations. Un hiver plus humide cette année a contribué à réalimenter les réservoirs en eau de l’Etat. Pourtant, le département californien des ressources en eau estime que cette troisième période de sécheresse n’est pas finie :

« Mettre fin à une sécheresse signifie avoir assez de précipitations et de ruissellements dans l’Etat pour modérer ses effets, et cette année ne nous a pas mené à ce point. »

L’importance des précipitations cet hiver s’explique en partie par le phénomène climatique el Niño. Tous les dix ans environ, il conduit à un réchauffement des eaux de l’est du Pacifique et à de fortes précipitations sur la côte ouest américaine. Cependant, il faudrait plusieurs années comme celle-ci pour parvenir à réapprovisionner durablement les sols en eau selon ce même département. La baisse de ces réserves est confortée par la faible épaisseur du manteau neigeux. Une situation qui ne semble pas s’inverser aujourd’hui d’autant qu’El Niño pourrait, selon les prévisions de l’administration océanique et atmosphérique américaine (NOAA), laisser progressivement place au phénomène inverse la Niña. Il y aurait 75% de chance pour qu’elle lui succède l’hiver prochain. Elle pourrait contribuer à une hausse des températures déjà supérieure de 2 à 4°C entre 2011 et 2015 aux normales de saison.

2016: vers une amélioration ?

Le département californien de protection des forêts et contre les incendies (Calfire) indique qu’entre le 1er janvier et le 18 juin, il est intervenu auprès de 1 759 incendies. Plus de 8 374 hectares auraient déjà brûlés. Sur la même période, en 2015 c’est 5 446 hectares qui avaient été touchés. Une évolution relativisée par l’un des portes paroles de du département, interrogé par l’AFP :

« Ces derniers mois les feux de forêt ou de broussailles ont rapidement augmenté et ont rejoint le nombre observé l’an dernier sur la même période ». Il explique que les pluies du début de saison ont fortement contribuées à cette réduction. Lynne Tolmachoff, porte-parole de l’institut californien d’information sur les incendies Calfire, estime, quant à elle, que ce mois-ci « le potentiel est là » et les conditions sont propices à une saison de feux de forêts intenses. Les vents forts, les températures élevées créent un terreau favorable à leur développement. Les précautions sont donc de rigueur. Cinq feux sont aujourd’hui encore actifs dans l’Etat californien.

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