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"L'OTAN n'est pas prête à faire face aux réels dangers" (Général Tricarico)

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"L'OTAN n'est pas prête à faire face aux réels dangers" (Général Tricarico)

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Le général Leonardo Tricarico est l’ancien chef d‘état-major de l’armée de l’air italienne, ancien cadre militaire de l’OTAN.
Il s‘était fait remarquer quand, en 2011, il avait renvoyer sa légion d’honneur pour protester contre le comportement du président Nicolas Sarkozy (voir ici).
Âgé aujourd’hui de 73 ans, ce général à la retraite conserve un esprit frondeur. En témoigne l’interview accordée il y a quelques jours à Diego Malcangi, journaliste italien d’Euronews. Le général Tricarico se montre particulièrement critique vis-à-vis de l’OTAN.

A en croire le général Leonardo Tricarico, l’OTAN se trompe d’ennemi, en se focalisant sur la Russie. Il estime que l’Alliance atlantique fait fausse route en voulant ressusciter l’antagonisme Est-Ouest, comme du temps de la Guerre froide.
Dans la foulée, il critique ce qu’il considère comme une soumission de l’OTAN vis-à-vis des Etats-Unis. “Quand vous entendez Stoltenberg (le secrétaire général de l’OTAN), vous entendez Obama”, affirme-t-il, avant d’ajouter : “J’ai l’impression que Stoltenberg n’est qu’un porte-parole” des Etats-Unis. Pour lui, “l’influence américaine sur l’OTAN a atteint un niveau inacceptable”.

Terrorisme et cyber-sécurité

Aux yeux de l’ancien chef d‘état-major de l’armée de l’air italienne, le monde est aujourd’hui confronté à trois grandes menaces : les migrations, le terrorisme et les cyber-attaques. Pour lui, ce sont là “les réels dangers auxquels les membres de l’OTAN sont exposés”. Or, selon lui, “ils ne sont pas prêts à y faire face”. “C’est pourtant autour de ces trois questions que devrait s‘élaborer une stratégie de défense”, assure-t-il.

Concernant la lutte anti-terroriste, le général Tricarico est catégorique : “L’OTAN n’est pas préparée pour faire face au terrorisme”. “Il faudrait établir une nouvelle philosophie, une nouvelle doctrine de lutte anti-terroriste. L’OTAN ne s’en occupe pas.” L’expert militaire prend pour exemple les derniers exercices conjoints baptisés Trident Joncture (21 octobre – 6 novembre 2015). Ces exercices ont mobilisé 37 000 hommes pour une simulation de confrontation dans laquelle le terrorisme n‘était considérée que comme une “menace résiduelle”.

Enfin, le général Leonardo Tricarico estime que l’OTAN n’est pas assez efficace dans le domaine de la cyber-sécurité. “La spécificité d’une cyber-attaque réside dans le fait que son auteur est caché, et qu’il ne sera sans doute jamais identifié. Aujourd’hui, nous disons haut et fort que nous sommes en mesure de répondre aux cyber-attaques, sans même dire comment nous identifions les agresseurs…”

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