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Pénurie de main-d'œuvre et refus de l'immigration : le casse-tête hongrois

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Pénurie de main-d'œuvre et refus de l'immigration : le casse-tête hongrois

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La Hongrie pourrait faire appel à des travailleurs étrangers pour pallier le manque de main-d‘œuvre. C’est l’idée émise par le gouvernement de Viktor Orban, qui n’a pourtant jamais caché son hostilité aux migrants.

La Hongrie est passée sous la barre des 10 millions d’habitants. En huit ans, 400 000 Hongrois ont quitté le pays, qui affiche un des taux de natalité les plus faibles d’Europe malgré l’ambitieuse politique familiale mise en place par le gouvernement conservateur (4% du PIB) pour le relancer.

Péter Lakatos, chef d’entreprise et vice-président du syndicat patronal explique: “il y a une pénurie de main d‘œuvre dans plusieurs régions du pays, pas seulement dans les emplois qualifiés, comme soudeur, machiniste CNC, cuisinier ou serveur, mais aussi chez les salariés peu qualifiés, des travailleurs à la chaîne qui se forment sur le tas… même eux sont parfois difficile à trouver”.

Paradoxalement, un référendum organisé par le gouvernement aura lieu le 2 octobre en Hongrie, au sujet des quotas de réfugiés exigés par l’Union Européenne. Viktor Orban, qui a fait construire des barrières anti-migrants l‘été dernier, appelle à dire “non” à Bruxelles. La Hongrie fait partie des quelques États membres qui n’ont pas encore appliqué cette directive de Bruxelles.

Le débat sur la main d‘œuvre étrangère aura au moins le mérite de nuancer l’image xénophobe du pays, explique la chercheuse Ágnes Hárs: “c’est juste une partie d’un problème très complexe. Si cela a pour but de soulager un peu cette politique anti-migrants, et bien c’est déjà réussi. Mais je ne pense pas que cela permettra d’atteindre l’objectif visé en matière économique”, dit-elle.

Le plan du Ministre de l‘économie Mihaly Varga, qui n’a pas encore été détaillé, pourrait bien briser l’ultime tabou des ultra-conservateurs: autoriser les non européens à travailler en Hongrie, en suivant le modèle de la Pologne où travaillent un million d’Ukrainiens.

Andrea Hajagos – euronews:

“Si des travailleurs étrangers étaient vraiment appelés à venir en Hongrie, les experts se demandent combien de personnes accepteraient, au regard des bas salaires et de la politique anti-migrants du gouvernement hongrois”.

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