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Sarkozy, l'éternel retour

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Sarkozy, l'éternel retour

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Nul n’en doutait en France. Depuis des mois, Nicolas Sarkozy y pense en se rasant le matin. C’est donc sans surprise que l’ex-président français annonce sa candidature et c’est devenu une habitude : c’est par le biais d’un livre qu’il s’adresse aux Français. Dans “Tout pour la France”, il décline son programme et déclare sa flamme à la France, une fois de plus.

En 2012, après un premier quinquennat au bilan mitigé, celui qui finira autant adulé que haï, décide de se représenter. Conscient de ses faiblesses, il ne doute alors guère de la victoire pourtant. Lors d’un rassemblement au Trocadéro, il lance à la foule : “[Il nous reste] trois jours, trois jours pour gagner. Vive la République, vive la France,” exhorte-t-il.

En 2012, en cas de défaite, il envisage d’abandonner

Mais le 6 mai au soir, le couperet tombe. Nicolas Sarkozy est battu par François Hollande. Dans le camp de ce qui à l‘époque, s’appelle encore l’UMP, c’est le désarroi.

La défaite est amère et l’avenir incertain car quelques jours auparavant, le “chef” a assuré dans une interview à une radio française : “Si vous perdez cette élection présidentielle, est-ce que vous arrêtez la politique ?” lui a demandé le journaliste. “Oui,” a-t-il répondu. Son interlocuteur lui a posé une nouvelle fois la question. “Vous pouvez me poser la question une troisième fois, je vous le dis: oui,” a-t-il répété.

Il apparaît sûr de lui comme il l’a toujours été, dans ses choix et pourtant, prompt à changer radicalement de direction quand les circonstances l’exigent, au gré de ses intérêts notamment. En quittant l’Elysée, il entame une nouvelle traversée du désert, un exercice qu’il connaît bien.

Comment créer l’unité et se porter candidat aux primaires ?

En 1995, lorsqu’il choisit de suivre Edouard Balladur plutôt que Jacques Chirac et se met à dos tout son parti – un choix qu’il paiera cher – et puis en 1999, quand il perd les Européennes. Chaque fois, il est revenu pourtant. Chaque fois, il s’est renforcé.

Y parviendra-t-il cette fois-ci ? En 2014, il est de nouveau à la tête de l’UMP, parti qu’il rebaptise “Les Républicains” l’an dernier et tente de ressouder un clan en déconfiture. Mais difficile de jouer l’unité qu’impose le statut de chef tout en préparant en coulisses, les soutiens qui le jour venu, viendront barrer la route aux adversaires de la primaire. Sarkozy est meilleur en cavalier seul. Son programme le prouve d’ailleurs. Il veut frapper fort, bien plus fort que les autres ne le souhaiteraient.

Sur les terres de l’extrême-droite

“Il faut qu’on comprenne qu’on est en guerre, martèle-t-il lors d’une interview après l’attentat de Nice en juillet. Nos ennemis n’ont pas de tabous, pas de frontières, pas de principes, donc je vais employer des mots forts : ce sera eux ou nous et c’est une question de détermination,” insiste-t-il. Le discours est musclé comme dans son livre. C’est qu’il ne s’imagine pas – s’il gagne les primaires -, un duel face à un socialiste. C’est Marine Le Pen qu’il vise. C’est donc sur ses terres qu’il est parti en chasse.

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