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Londres veut sauver sa vie nocturne en péril

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Londres veut sauver sa vie nocturne en péril

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Les boîtes de nuit de Londres sont-elles en train de disparaître ? La vie nocturne dans la capitale britannique est l’une des plus réputées au monde. Mais depuis 2005, près de la moitié des discothèques ont fermé.

Prenons l’exemple de la Fabric.
Quand le club a voulu réactualiser sa licence en 2014, il est apparu que deux clients étaient décédés en raison de consommation de drogue. Cela a conduit les autorités à exiger plus de cinquante conditions non négociables, dont celle d’avoir au minimum 21 ans pour être admis ou la fermeture à 3 h du matin.

La Fabric a porté l’affaire devant la justice et l’a emporté devant une cour d’appel en décembre dernier.

“Les autorités, la mairie, la police, ceux qui délivrent les licences, tout le monde a changé d’attitude dans les endroits où ils avaient l’habitude de travailler, témoigne Andy Blackett, manager de la Fabric. Si vous aviez des problèmes – drogue, violence ou autre – ils avaient l’habitude de vous parler et de trouver une manière d’arranger les choses. Il y a eu un changement d’approche soudain. Ils ont simplement commencé à pénaliser le lieu ou l‘établissement détenteur de la licence, en rejetant la responsabilité sur l’ensemble du club plutôt que sur l’individu.”

Avec un permis temporaire, les clubs sont autorisés occasionnellement à prolonger les heures d’ouverture jusqu‘à 5 heures du matin. Mais le célèbre Dance Tunnel a fermé en août car ce permis est de plus en plus difficile à obtenir dans le quartier londonien de Hackney.

“Le scénario idéal serait une politique à l‘échelle de toute la ville qui cherche à protéger les discothèques commes des entreprises culturelles, plaide Dan Beaumont, cofondateur du Dance Tunnel. Mais il faudrait aussi qu’elle cherche à protéger les habitants et les autres personnes concernées par les nuisances de la vie nocturne.”

Chacun des 32 quartiers du Grand Londres peut décréter ses propres règles en la matière. Le milieu de la nuit insiste : les industries de la nuit sont pour beaucoup dans les bénéfices économiques et culturels de la ville.

“Les termes sont souvent négatifs : comportement anti-social, crime, bruit et nuisances, se désole Alan Miller, président de l’association des industries de la nuit. Nous disons : regardez tout ce qu’il y a de positif. Regardez le chiffre d’affaires, les emplois créés, regardez la valeur culturelle de ce secteur qui attire les touristes et qui nous permet de les accueillir.”

L’ancien maire de Londres Boris Johnson a installé une commission de la nuit, une enquête de six mois pour sauvegarder une industrie qui pèse près de 60 milliards d’euros chaque année. Son successeur, Sadiq Khan, a promis un métro qui fonctionne toute la nuit pendant le week-end.

“L‘économie de la nuit est vraiment importante à Londres et dans ma vie sociale personnelle, confie le nouveau maire de la capitale britannique. Je m’inquiète de voir que beaucoup trop de lieux musicaux ont fermé ces dernières années. Donc, je suis heureux d’annoncer que depuis le 19 août, nous avons pour la première fois un métro nocturne à Londres. Je vais aussi nommer ce que j’appelle un “Tsar de la nuit” et nous allons faire en sorte d’avoir un programme d’infrastructures culturelles qui aille de l’avant. Comme c’est le cas pour notre programme de logements ou de transports. “

Sadiq Khan promet aussi de protéger les lieux musicaux et de faire en sorter d’insonoriser les bâtiments autour des boîtes de nuit pour qu’ils ne soient pas incommodés par les nuisances sonores.

Londres est une ville en perpétuel changement.

Mais sans une attention particulière, les clubs légendaires et les lieux musicaux qui ont fait sa réputation, pourraient bien être voués à la disparition.

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