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Chute de Lehman Brothers : huit ans après, la planète finance souffre encore

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Chute de Lehman Brothers : huit ans après, la planète finance souffre encore

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Elle était “too big to fail”. Le lundi 15 septembre 2008, il y a huit ans jour pour jour, Lehman Brothers, quatrième banque des Etats-Unis, faisait faillite. Vous vous souvenez probablement de ces images d’employés quittant le siège de la banque sur la 7e avenue de New York, carton sous le bras. Ce jour-là, 25.000 personnes ont perdu leur emploi.

Un choc planétaire

Mais les dégâts devaient aller bien au-delà. Dans le courrier électronique signifiant son dépôt de bilan à la justice de New-York, la banque d’investissement dirigée par Richard Fuld déclarait 613 milliards de dollars de dette pour 639 milliards de dollars d’actifs. En clair, il s’agissait de la plus grosse banqueroute qu’ait jamais connu Wall Street. Elle allait provoquer une onde de choc sans précédent, à l’origine d’une crise financière mondiale.

Nombre des avoirs de Lehman sont en effet adossés à des crédits immobiliers dits toxiques, c’est-à-dire accordés à des clients non solvables – les fameux “subprimes“. Pour rappel, les Etats-Unis ont connu un fantastique boom immobilier au début des années 2000 et Lehman Brothers achète plusieurs sociétés de prêts hypothécaires qui vont lui permettre de gagner des milliards.

Le piège des subprimes

Prêter à des clients peu fiables n’est pas si grave quand les prix de l’immobilier s’envolent. S’ils ne peuvent plus payer, la banque saisit le bien, le revend pour un prix supérieur au montant de l’emprunt, et dégage des bénéfices. Mais à partir de septembre 2006, les prix de la pierre cessent de grimper. En 2007, ils dégringolent. On parle de la “ crise des subprimes “.

A l‘été 2008, il apparaît que de nombreuses banques américaines ne disposent pas de suffisamment de réserves pour éponger leurs pertes. C’est le cas de Lehman Brothers, qui, alors que l’Etat refuse de voler à son secours, va chercher un partenaire de fusion. En vain car l’Etat, encore une fois, lui refuse sa garantie. Sollicitée, Bank of America préférera racheter sa rivale Merill Lynch pour résister à la tempête.

La contagion

C’est beaucoup à digérer à la fois pour les investisseurs. Décidément, il y a quelque chose de pourri au pays au royaume l’argent roi. L’indice Dow Jones décroche de 4,4%, sa plus forte baisse en sept ans. Et les bourses du monde entier s’engouffrent dans le sillage de Wall Street.

Car la contagion menace. Lehman Brothers a en effet titrisé ses prêts hypothécaires, les intégrant dans des produits hybrides achetés par les banques du monde entier dans l’espoir de profits juteux. En ce 15 septembre 2008, nul ne mesure encore l’ampleur de la catastrophe à venir. Aujourd’hui encore, huit ans après, les actifs toxiques hérités de l‘ère Lehman plombent encore les comptes de nombreuses banques européennes.

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