DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

Philippines : le président Duterte chef d'un "escadron de la mort" ?

monde

Philippines : le président Duterte chef d'un "escadron de la mort" ?

Publicité

Quand on découvre toutes les accusations portées contre le président philippin par Edgar Matobato, on ne donne pas cher de sa peau ! Ce repenti de 57 ans, ancien membre d’un “escadron de la mort” qui sévissait dans la grande ville de Davao, au sud du pays, a accepté de témoigner devant le Sénat, et il a tout déballé sur la table : criminels comme petits délinquants, narcotrafiquants comme jeunes drogués, rivaux politiques comme agents de l’Etat, tous exécutés sommairement ou tués lentement sous la torture pendant plus de 25 ans.

Ainsi, au cours des différents mandats de Rodrigo Duterte à la tête de la mairie de Davao, capitale de l‘île de Mindanao, 1 400 personnes auraient été assassinées sur ses ordres. C’est le nombre de morts violentes suspectes que confirment des organisations de défense des droits de l’Homme telles que Human Rights Watch. Depuis l‘élection triomphale de Duterte à la présidentielle philippine en mai dernier, l’hécatombe est encore pire. Au moins 3 140 délinquants, violeurs et dealers présumés, drogués ont été “éliminés”, selon les propres statistiques de la police, au nom de la “guerre contre la drogue” lancée par le président populiste.

Un témoignage glaçant

Affolé par cette recrudescence sans précédent, le Sénat a mis en place une commission afin d’enquêter, et c’est dans ce cadre que l’ex-tueur Edgar Matobato a témoigné. Les détails qu’il a donné ont souvent glacé les élus de la commission. Les hommes de son “escadron de la mort” se faisaient souvent passer pour des policiers pour arrêter les victimes. Beaucoup étaient étranglées, fusillées, leurs dépouilles brûlées ou découpées en morceaux et enterrées dans une carrière, d’autres encore exécutées et balancées à la mer. Selon le repenti, l’une des victimes aurait même été jetée vivante au milieu des crocodiles.

Les chefs, a encore raconté Edgar Matobato, leur disaient “de ne pas se contenter de meurtres ordinaires. Ils étaient sadiques, parfois, des mains étaient abandonnées avec un pistolet dans les rues”. Selon le témoin, en 1993, Rodrigo Duterte en personne a achevé un fonctionnaire du ministère de la Justice qui avait été blessé alors qu’il conduisait sur une route : “Il était toujours en vie quand il est arrivé. Il a vidé deux chargeurs de Uzi sur lui”.

Duterte, qui occupe désormais la fonction suprême de président des Philippines, n’a pas daigné répondre à ces accusations pourtant prononcées devant le Sénat. Son fils Paolo, qui semble prendre le même chemin sanglant, selon des ONG de défense des droits de l’Homme, s’est contenté de dire : ce sont de “simples ouï-dire proférés par un fou”.

Prochain article