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Les réactions de la gauche française au renoncement de François Hollande


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Les réactions de la gauche française au renoncement de François Hollande

Ministres, personnalités politiques et candidats déclarés à la future primaire de la gauche (sous l‘égide du Parti socialiste) ou directement à l’élection présidentielle ont réagi à la décision de François Hollande de ne pas briguer un second mandat en mai prochain.

Le Premier ministre Manuel Valls a salué « un choix difficile, mûri, grave. C’est le choix d’un homme d‘État ». « Je veux dire à François Hollande mon émotion, mon respect, ma fidélité et mon affection. Ministre de l’Intérieur, puis Premier ministre, je connais son courage, son sang-froid, celui d’un grand dirigeant, qui a su affronter des épreuves douloureuses pour la France » a également déclaré Manuel dans un communiqué publié ce jeudi soir. La tension entre le président et le Premier ministre autour de la candidature pour 2017 était à son comble ces derniers jours. La prudente retraite de Hollande ne veut pas dire que les jeux sont faits pour Manuel Valls.

Le Ministre de l’Agriculture et Porte-parole du Gouvernement Stéphane Le Foll prévient que Manuel Valls ne peut pas être candidat et premier ministre. Valls a « tout à fait la possibilité » d‘être candidat, « mais à ce moment-là, il n’est plus Premier ministre » a-t-il indiqué.

Arnaud Monteburg, ancien ministre de l’Economie, et l’un des premiers à avoir officialisé sa participation à la primaire de la gauche, a déclaré que François Hollande « a pris en conscience une décision difficile et hautement courageuse (…) qui permet à la gauche de préparer sereinement son avenir, qui commence aujourd’hui avec la primaire de la gauche » . Benoît Hamon a salué la « lucidité » et « l’humilité » de quelqu’un qui ne pouvait pas « rassembler son camp » .

L’ancien ministre de l’Education, situé à l’aile gauche du Parti socialiste, a s’est également porté candidat à la primaire.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a fait état ce vendredi de son « immense émotion » et de sa « très grande fierté » au lendemain de l’annonce retentissante du renoncement de François Hollande. « J’ai éprouvé à la fois une immense émotion mais aussi une très grande fierté de voir un président de la République être capable, dans un contexte qu’il sait mieux que quiconque à quel point il est difficile pour le pays, dire qu’il préfère son pays, l‘État, le sens de sa fonction, le rassemblement, sur toute considération personnelle » , a déclaré ministre de l’Intérieur devant des policiers dans un gymnase du XIIe arrondissement de Paris où il était venu présenter un plan d’actions pour la sécurité publique.

Juliette Méadel, secrétaire d‘État chargée de l’aide aux victimes, a dit son « émotion » , sa « tristesse » et a salué une décision « digne d’un grand président de la République qui va marquer les générations futures dans leur rapport au pouvoir » . Elle a également dénoncé « depuis cinq ans un Hollande bashing qui frise au harcèlement politique » et « l’attitude des frondeurs » au sein du PS qu’elle estime « irresponsable et qui accule la majorité à être aujourd’hui dans la situation que nous connaissons » . Christian Paul un des deputés “frondeurs” les plus notables a dit que c’est une aubaine pour la primaire à gauche et pour la démocratie, dans son article publié par Le Huffington Post, avec un ton très critique à l‘égard du Président. L’ancienne garde des Sceaux Christiane Taubira, que certains rêvent de voir se lancer dans la course, a salué sur Twitter « un moment de dignité comme la politique en était devenue avare » . « L’exigence pour les gauches est colossale » , a-t-elle ajouté. Claude Bartolone président de l’Assemblé et archi ennemi politique de François Hollande a salué « un geste de dignité et de responsabilité » dans un communiqué, ajoutant que cette « décision difficile » force « le respect » . Bartolone, ulcéré depuis les confidences peu amènes sur lui de François Hollande dans le livre “Un président ne devrait pas dire ça” avait lancé un pavé dans la mare samedi dernier en souhaitant que François Hollande et Manuel Valls participent à la primaire initiée par le PS des 22 et 29 janvier, de même qu’Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Si les relations entre Hollande et Bartolone sont parmi les plus tendues au sein de la gauche, le président de l’Assemblé a considéré que par cette décision « prise au nom de l’intérêt supérieur du pays » « François Hollande lègue aux socialistes, mais plus largement à la gauche, une immense responsabilité : celle de se placer au bon niveau de l’Histoire » .

Pour Emmanuel Macron, ancien ministre de l’Economie et candidat à l’élection présidentielle sans passer par la case primaire, « C’est une décision courageuse, et une décision digne » , a réagi sur les ondes de RTL.

Une décision « dont la seule motivation est l’intérêt supérieur de la France » , a salué l’ex-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault.

Jean-Luc Mélenchon, figure de la gauche radicale, pour qui M. Hollande a ainsi évité une « espèce de crucifixion pendant cinq mois » a dit que « C’est un énorme aveu d‘échec, il ne faudrait pas que ça fonctionne comme une amnistie pour tous ceux qui ont participé à cet échec » . « Ce n’est pas mon sujet de savoir si c’est juste ou injuste, courageux ou pas. Il a pris le pays dans des conditions et avec un programme, il ne l’a pas appliqué, il a totalement désorganisé son camp » , a commenté celui qui s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle de 2017 en février dernier.

Pour le secrétaire du Parti communiste Pierre Laurent, qui soutient la candidature de Jean-Luc Mélenchon mais ne désespère pas de rassembler la gauche, « le sujet maintenant ne peut pas être de remplacer François Hollande par Manuel Valls » .

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, a lui déclaré sur Facebook que l’ « On ne peut pas impunément renoncer aux valeurs de gauche et trahir les engagements de campagne au nom du changement, après 10 ans avec la droite au pouvoir, sans en payer le prix ».

Pour Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble, le candidat qui prendra la relève de François Hollande, vraisemblablement Manuel Valls ne pourra se dédouaner du bilan du président qui lui collera au doigt « comme le sparadrap du capitaine Haddock » .

Avec AFP

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