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Un an plus tard, que sont devenus les migrants que nous avions rencontrés ?


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Un an plus tard, que sont devenus les migrants que nous avions rencontrés ?

En cette fin d’année, Euronews vous propose de partir à la rencontre de réfugiés Syriens et Irakiens que nous avons rencontrés il y a un an. Ils rêvaient alors d’une vie meilleure en Europe après avoir fui leurs pays d’origine. Leur rêve s’est-il réalisé ? La vie qu’ils mènent aujourd’hui en Europe est-elle plus douce ?
La réponse n’est pas aussi simple que cela.

Les premiers réfugiés que nous avons rencontrés sont Syriens. Kawa Eli, son épouse, Emina, et leur fille Huner. Lorsque notre journaliste Hans de Brelie a fait leur connaissance il y a un an, ils vivaient dans un camp de réfugiés en Roumanie. Cette fois c’est en Allemagne que nous sommes allés à leur rencontre. A Gladbeck, dans la région pauvre et industrielle de la Rurh. Après un passage en prison en Roumanie, Kawa Eli a pu retrouver son épouse et sa fille outre-Rhin. Ils tentent aujourd’hui de repartir à zéro dans un pays dont ils aimeraient apprendre la langue. Hélas, les files d’attente pour les cours sont très longues étant donnée l’arrivée massive de réfugiés ces deux dernières années. La famille attend aussi une place en crèche ou au jardin d’enfants pour leur aînée, avant l’arrivée en janvier d’un nouveau bébé.

“Il passe ses journées à attendre”

L’autre réfugié que nous avons retrouvé en Suède mène une vie plus triste, loin des siens restés en Irak, et l’espoir de les faire venir s’amincit de jour en jour. Il s’appelle Mokdad Ayad Al Jobri. Il a 29 ans. Nous l’avons rencontré il y a un an dans la station de sports d’hiver de Riksgränsen à la frontière avec la Norvège dans une zone froide où la lumière du jour est rare en hiver. Il travaillait alors comme cuisinier dans un hôtel de la station avec d’autres réfugiés devenus ses amis. Mais un an plus tard, sans comprendre pourquoi, les autorités suédoises l’ont déplacé dans un centre pour réfugiés à deux heures de voiture de Stockholm.

Il passe ses journées à attendre. Attendre inlassablement un rendez-vous avec un avocat. Attendre une lettre des services de l’immigration. Mokdad ne parle ni Anglais ni Suédois. Une difficulté supplémentaire selon un avocat spécialisé dans le droit des réfugiés. Sans pouvoir communiquer Mokdad réduit ses chances de trouver un travail et donc d’obtenir des papiers pour faire venir sa famille. Les autorités suédoises ont aussi durci leur politique d’attribution de permis de séjour. Elle sont très attentives au pays d’origine des migrants et ne considèrent plus aujourd’hui que l’Irak est une zone aussi dangereuse que la Syrie. Dans sa situation déjà difficile, Mokdad est aussi susceptible de se voir un jour menacé d’expulsion…

Syriens, Afghans, Irakiens

Ces mesures sont prises car le nombre de primo demandeurs d’asile ne cesse d’augmenter en Europe. Au 3e trimestre 2016, ils étaient 360.000, selon Eurostat, l’office de statistiques de l’Union européenne. Un chiffre en hausse de 17% par rapport au 2e trimestre de 2016.

“Avec quelque 87 900 primo-demandeurs d’asile de juillet à septembre 2016, les Syriens sont demeurés la principale nationalité des personnes sollicitant une protection internationale dans les États membres de l’UE, devant les
Afghans (62 100 primo-demandeurs) et les Irakiens (36 400). Ils constituent les trois principales nationalités des primo-demandeurs d’asile dans les États membres de l’UE au troisième trimestre 2016, représentant un peu plus de
la moitié de l’ensemble des primo-demandeurs d’asile”, selon le dernier communiqué d’Eurostat.

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Une nouvelle vie pour Kawa et Emina, réfugiés syriens en Allemagne