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Le multiculturalisme est-il dépassé ?


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Le multiculturalisme est-il dépassé ?

Dans un monde dominé par les clivages culturels, les politiques visant l’intégration, l’assimilation et le multiculturalisme sont remises en cause. Que nous réserve l’avenir ?

Retrouvez Isabelle Kumar, journaliste d’euronews, pour un débat en direct depuis Davos 2017 avec :

  • Lonnie Bunch, États-Unis
    Directeur du Musée national de l’histoire et de la culture afro-américaine, Institution Smithsonian
  • Brendan Cox, Royaume Uni
    Directeur de More in Common, campagne nationale destinée à promouvoir le dialogue entre communautés. Mari de Jo Cox, députée travailliste britannique assassinée le 16 juin 2016 par un militant d’extrême droite alors qu’elle menait campagne contre le Brexit.
  • Elif Shafak, Turquie
    Écrivaine la plus lue dans son pays. Exilée à Londres, elle est l’auteure de “La bâtarde d’Istanbul” et de “Soufi, mon amour”.
  • Alexander De Croo, Belgique
    Vice-Premier ministre belge, ministre de la Coopération au développement, ministre de l’Agenda numérique et des Télécoms.

LES MOTS DU DÉBAT :

Le multiculturalisme

Alexander De Croo :
“Il n’y a pas vraiment de discussion en Europe sur le multiculturalisme”

Elif Shafak :
“Cette peur de l’autre m’inquiète pour l’Europe et la démocratie.”

-Brendan Cox :
“Le multiculturalisme peut être solide quand on a une culture qui réunit les gens.”

-Lonnie Bunch :
“La race a toujours constitué notre identité nationale (aux États-Unis, ndlr). (…) il ne s’agit pas simplement d’intégrer les différentes races. Le défi est surtout de calculer, de comprendre ce que cela veut dire pour l’avenir.”

La peur de l’autre, les populismes

-Elif Shafak :
“Ce que partagent les populismes, c’est qu’ils n’aiment pas la complexité. Ils veulent nous réduire à une tribu unique.”

-Alexander De Croo :
“Quand on utilise la notion d’identité en politique et qu’on la combine avec le mot “peur”, c’est une combinaison très toxique. (…) mais il n’y aura jamais de résultat politique avec une telle approche.”

-Brendan Cox :
“Nous réagissons aux peurs des gens avec des faits, avec des données, or il faut s’interconnecter avec les gens sur le plan émotionnel, c’est cela qui fera évoluer les comportements.”

-Alexander de Croo :
“La plus grosse erreur que l’on puisse commettre c’est de mettre sous le tapis l’anxiété (dans la société, ndlr), dire que c’est injustifié. C’est ce qui est arrivé trop souvent en Europe ces dernières décennies. Or, si l’anxiété existe, il faut s’y confronter, la comprendre, y apporter une réponse.”

-Brendan Cox :
“Les progressistes se sont bien moins bien organisés que les autres extrêmes pour s’interconnecter” avec le reste de la population.

L’intégration, se comprendre

-Lonnie Bunch :
“Les musées jouent un rôle car ils réunissent des personnes, (…) nos musées ont une valeur pour aider les gens à se souvenir et les aident aujourd’hui à mieux comprendre la complexité du monde.”

-Elif Shafak :
“Tant que les femmes ne seront pas intégrées dans la société plus largement, les communautés vont se fermer davantage sur elles-mêmes.”

-Alexander de Croo :
“On ne peut pas exiger des migrants qu’ils s’intègrent à notre communauté si on leur refuse un travail.”

-Lonnie Bunch :
“On ne peut pas attendre des nations qu’elles changent sans obliger les gens à se réunir avec une certaine force politique.”

-Elif Shafak :
“les technocrates de Bruxelles n’ont pas su mettre en place une stratégie efficace” pour faire face à la crise humanitaire liée aux flux migratoires.

-Alexander de Croo :
“Si vous pensez que l’intégration sociale, la cohésion sociale sont importantes, vous avez besoin de comprendre qui vient dans votre pays.”

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