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Les réfugiés handicapés négligés dans les centres d'accueil en Grèce


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Les réfugiés handicapés négligés dans les centres d'accueil en Grèce

Les migrants handicapés ont des difficultés à accéder aux services de base comme l’eau, l’hygiène et les soins médicaux dans les centres d’accueil de Grèce.

Selon l’ONG Human Rights Watch, les personnes porteuses de handicaps ne sont pas correctement identifiées et, avec les milliers d’autres migrants et demandeurs d’asile, restent privées de protection face aux conditions hivernales très dures. Elles ont aussi un accès limité aux soins de santé mentale.

Les enquêtes de HRW ont révélé de nombreux manquements dans des processus d’enregistrement, souvent bâclés faute de personnel qualifié. Les investigations ont également pointé le caractère totalement inadapté des services de santé mentale existant dans les camps. Et pourtant, un nombre important de migrants souffre de traumatismes, d’anxiété ou de dépression dus à la violence subie dans leur pays d’origine. L’accès à des soins de santé plus élémentaires est également difficile. HRW rapporte en ce sens cinq témoignages de demandeurs d’asile dont les proches en situation de handicap ont dû attendre plus d’un mois pour consulter un médecin. Quant à l’accès à l’hygiène, HRW a déclaré que les robinets extérieurs et les douches dans certains camps n‘étaient pas accessibles aux personnes en fauteuil roulant. Par conséquent, une femme âgée en fauteuil roulant a été privée de douche pendant plus d’un mois.

« Les personnes en situation de handicap sont oubliées dans l’accès aux services de base, alors même qu’elles comptent parmi les réfugiés et migrants les plus vulnérables », a déclaré Shantha Rau Barriga, directrice de la division Droits des personnes handicapées à Human Rights Watch. « Les autorités grecques, l’UE, l’ONU ainsi que les organisations humanitaires devraient faire en sorte que les personnes handicapées ne soient plus celles à qui on pense toujours en dernier. La situation désespérée des demandeurs d’asile et des migrants handicapés en Grèce est un appel pour que l’ONU et l’UE prennent enfin le problème au sérieux », a-t-elle ajouté.

Human Rights Watch met en cause l’accord de l’Union européenne avec les autorités turques qui vise à renvoyer les demandeurs d’asile en Turquie. Elle pointe du doigt les gouvernements européens dont la mauvaise gestion, le manque de coordination et la décision de fermer les frontières le long de la route des Balkans ont bloqué 62 700 personnes en Grèce.


En septembre 2015, la Commission européenne a annoncé la mise en place d’un plan de relocalisation de 160 000 réfugiés des pays les plus touchés par la crise des migrants. La promesse comprenait la relocalisation d’environ 66 000 migrants bloqués en Grèce. A la date du 12 janvier 2017, seulement 7 448 personnes ont été relocalisées en vertu de ce mécanisme (selon les données de la Commission européenne).