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Pour le Premier ministre maltais le Brexit a frappé l'UE de « plein fouet »


Le bureau de Bruxelles

Pour le Premier ministre maltais le Brexit a frappé l'UE de « plein fouet »

Euronews:
« Joseph Muscat, vous êtes le Premier ministre de Malte, vous êtes à la tête de l’Union européenne dans une période particulièrement agitée. Vous avez dit qu’il y avait une petite chance que le Brexit ne se produise pas. Pourtant le projet de loi sur le Brexit est passé à la Chambre des Communes. Pensez-vous que le Brexit va se réaliser ou non? »

Joseph Muscat:
« Peut-être que tous ceux qui veulent le bien du Royaume-Uni et qui se considèrent comme des amis du Royaume-Uni aimeraient voir Londres rester membre de l’Union européenne, et ces personnes continuent d’espérer que cela ne se produise pas. Mais je crois que la réalité nous a frappé de plein fouet. C’est en train de se produire. »

Euronews:
« Il fut un temps, j’imagine, que le meilleur scénario était que le Royaume-Uni reste au sein de l’Union européenne. Mais selon vous, quel est le scénario du pire. Est-ce que l’on pourrait parler de tarifs douaniers entre le Royaume-Uni et les 27? »

Joseph Muscat:
« Je pense qu’une fois que la Première ministre britannique dit, d’une façon ou d’une autre, qu’elle prête pour la rupture, s‘éloigner d’un accord cela veut dire revenir aux règles de l’Organisation mondiale du commerce. Je comprends que Theresa May souhaite se positionner de cette façon pour le lancement des négociations. J’espère que cela ne se produira pas, ce serait dans l’intérêt de personne. Je pense que nous sommes déjà dans une situation perdante pour tout le monde. Nous devons tirer le meilleur de cette situation. Le meilleur selon moi est un accord équitable, mais un accord inférieur. »

Euronews:
« A propos des questions migratoires, qui est un sujet important pour vous lors de ce sommet, selon le projet de déclaration l’Union européenne va envisager le renvoi de personnes vers la Libye. Pourquoi l’Union ferait-elle cela? »

Joseph Muscat:
« Je pense que c’est une mauvaise interprétation. Ce que je comprends des discussions c’est comment aider le gouvernement libyen, et d’autres gouvernements, à protéger leurs propres frontières et à gérer leurs frontières. Tout ce que nous ferons, et c’est dans le même esprit que l’accord avec la Turquie, n’ira jamais à l’encontre des règles internationales. »

Euronews:
« Il n’y aura donc pas de retour. Vous ne voulez pas renvoyer des gens vers la Libye? »

Joseph Muscat:
« Je dis qu’il n’est pas question que l’Union européenne ou les États membres enfreignent les règles internationales. Il s’agit de venir en aide, s’il y a une demande, pour protéger les frontières et gérer les frontières, le gouvernement libyen est encore très fragile. »

Euronews:
« Pardonnez mon cynisme, mais de nombreux dirigeants européens l’on déjà dit plusieurs fois par le passé. Qu’est-ce qui vous fait croire que si l’on apporte un soutien financier au gouvernement libyen il sera en mesure de régler un problème qui nous concerne principalement? »

Joseph Muscat:
« C’est une question de contrôle migratoire, de migration économique. On ne peut pas vivre dans un monde où…il faut attendre avant de pouvoir venir en Europe. Vous pouvez soit faire une demande et votre visa est refusé, ou alors vous pouvez traverser les mers et vous pouvez entrer ? C’est dysfonctionnel. C’est la raison pour laquelle je pense que nous devons insister sur le besoin des autres pays à gérer leurs frontières, nous nous occupons des nôtres, en fait il s’agit de créer un système où ces demandeurs d’asile, ces réfugiés, ceux qui fuient les guerres et les persécutions n’aient pas besoin de traverser le désert et de risquer leur vie en mer. Ils doivent être transportés en avion vers les pays européens où ils pourront commencer une nouvelle vie. »

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