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Benjamin Netanyahou va tester sa marge de manoeuvre à Washington


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Benjamin Netanyahou va tester sa marge de manoeuvre à Washington

Après le Londres post-Brexit, le Premier ministre israélien s’en va soigner ses alliances avec le Washington de Donald Trump.

Et si avant l’investiture de Trump, la droite israélienne pouvait être dans l’euphorie, Benjamin Netanyahou est parti conscient qu’il allait devoir agir de manière prudente :

Ma préoccupation principale est d’abord de prendre soin de la sécurité d’Israël. Pour renforcer l’alliance forte qui existe entre Israël et les Etats-Unis, cela requiert une politique responsable, une politique équilibrée et c’est ainsi que j’ai l’intention d’agir. J’ai conduit ces rapports d’une manière calculée et je continuerai à agir de la sorte.

Les deux hommes se connaissent depuis longtemps, depuis l‘époque où Benjamin Netanyahou était ambassadeur d’Israël auprès des Nations Unies dans les années 80. La dernière fois qu’ils se sont rencontrés, c‘était pendant la campagne présidentielle américaine, et ils semblaient alors sur la même longueur d’onde.
Netanyahou adoubant l’idée du mur avec le Mexique avec enthousiasme dans un tweet à la manière de Donald…



Après les années de tension de la présidence Obama, jusqu’au dernier camouflet en date, le 23 décembre, le vote de l’ONU exhortant Israël à cesser la colonisation, une résolution à laquelle pour la première fois les Etats-Unis n’ont pas opposé leur veto, Israël pensait en avoir fini avec les contraintes.

Lors de leur dernière rencontre, Trump avait même affirmé que s’il était élu, les Etats-Unis reconnaîtrait Jérusalem comme capitale d’Israël. Il avait aussi par la suite émis l’idée de déménager l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, provoquant la colère des Palestiniens.

Mais la real politic semble prendre le dessus. Dans une interview accordée vendredi au journal Israel Hayom, le président américain nuance son discours. Il invite Israël à être raisonnable et précise que l’expansion des colonies n’est pas une bonne chose pour la paix.

Déjà, dans les premières semaines de l’administration Trump, nous avons vu des déclarations très prudentes émaner de la Maison Blanche, ce qui suggère que la politique américaine n’a pas changé tant que ça, que le désir de parvenir à la paix au Moyen-Orient est toujours à l’ordre du jour. Je pense qu‘à bien des égards, les promesses de campagne seront remaniées en quelque chose de beaucoup moins spectaculaires, une fois confrontées à la réalité de la gouvernance,“ analyse Daniel Shapiro, ancien ambassadeur américain en Israël.

Malgré les pressions de l’aile droite de son gouvernement, Netanyahou devrait toutefois dire à Trump qu’il soutient à une solution de paix à deux Etats, tout en dénonçant la mauvaise volonté palestinienne. Il devrait aussi mettre l’accent sur l’Iran, les dangers que représentent l’accord nucléaire et la présence iranienne en Syrie pour son pays, bref, tester sa marge de manoeuvre avec le nouvel homme fort des Etats-Unis.


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