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L'art de la poignée de main revisité par Donald Trump

Serrer la main est le geste que chacun de nous fait machinalement depuis notre plus jeune âge.
Pour nos ancêtres, tendre la main à quelqu’un servait à l’assurer de nos bonnes intentions. Les poignées de main avaient alors pour but de montrer à notre interlocuteur que nous ne tenions pas d’armes et qu’il était donc à l’abri d’une attaque.

Aujourd’hui, maîtriser l’art de la poignée de main fait partie d’un code dont tout individu doit connaître les bases s’il veut éviter des faux pas. Trouver un bon équilibre entre une poignée de main trop franche ou trop molle peut être déterminant pour le bon déroulement de votre entretien d’embauche ou la réussite de votre première rencontre avec vos beaux-parents.

Nulle part ailleurs les poignées de main et le langage corporel ne sont plus symboliques et plus scrutés que dans le domaine de la politique. La façon dont les dirigeants du monde se saluent montre souvent clairement lequel d’entre eux a le dessus et lequel est dominé.

La semaine dernière, Donald Trump a visiblement “dominé” le Premier ministre japonais Shinzo Abe à travers une virulente poignée de main qui a laissé ce dernier littéralement secoué. Quelques jours plus tard, Trump a, à son tour, été “surpassé” par le Premier ministre canadien Justin Trudeau qui, selon certains, conscient des pratiques du président américain, s’est manifestement préparé à son premier contact avec lui.

Qui relâche la poignée en premier en tapotant sur l’épaule de l’autre ou en saisissant son bras ; qui entre dans un bâtiment en premier et qui prend la place la plus convoitée sur une photo (celle de gauche) : voici les détails qui ne passent jamais inaperçus.

Bill Clinton avait son geste préféré : une poignée de main chaleureuse, à deux mains, avec une saisie simultanée de l’avant-bras. George W. Bush avait pour l’habitude de faire des poignées de main fortes et, comme c‘était le cas avec Tony Blair en 2003, il a souvent mis la main sur le dos de son interlocuteur afin de pouvoir guider ses mouvements. Quant à Vladimir Poutine, il est connu pour ses poignées de main souvent brutales ainsi que pour arriver à « dominer » même ses homologues physiquement plus imposants, comme le président turc Erdogan.

Depuis le début de la campagne de Donald Trump, une série de terribles poignées de main n’a pas échappé aux moqueries des réseaux sociaux. Nous avons préparé un montage vidéo (visible ci-dessus) débutant par quelques poignées de mains plus classiques avant de présenter des salutations les plus « musclées » du nouveau président des Etats-Unis.

Vous remarquerez que lorsque l’une ou l’autre partie estime avoir perdu dans le jeu de poignées de main, elle essaie souvent de tapoter sur le dos de son adversaire ou de mettre la main sur son épaule. Dans la psychologie comportementale, ce geste est qualifié de manifestation de supériorité lorsqu’il est utilisé en dehors du contexte d’une amitié intime.

De même, dans une « poignée à deux mains », le point jusqu’où nous acceptons de saisir notre bras indiquerait notre niveau de soumission. Ainsi, saisir l’avant-bras est moins agressif dans le langage corporel que de saisir l‘épaule. Ce geste envoie alors le message « Je vous contrôle ».

Dans le cas de Trump, le fait d’être si explicitement dominant et agressif dans ses gestes ne produit pas nécessairement l’effet escompté. Lors de la rencontre entre Trump et Abe, le spectateur a donc plutôt tendance à compatir à la souffrance de ce dernier, victime d’un acte injustifié et ouvertement agressif.

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