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Erdogan, l'hyper-président


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Erdogan, l'hyper-président

C’est une réforme à la mesure ou à la démesure de son pouvoir que Recep Tayyip Erdogan s’apprête à faire adopter par référendum le 16 avril. Si le peuple turc valide le nouveau régime hyper-présidentiel qu’il souhaite établir, l’homme fort de la Turquie pourrait gouverner jusqu’en 2029.

Le projet de réforme constitutionnelle a cristallisé les tensions au sein du parlement turc lors de son adoption. Les députés en sont même venus aux mains. Mais pour le président Erdogan, cette révision est « nécessaire » pour garantir la stabilité de la Turquie, confrontée à une vague sans précédent d’attentats et des difficultés économiques.

Si la réforme est adoptée dans deux mois, le système parlementaire en vigueur sera remplacé par un système présidentiel. Il n’y aura plus de Premier ministre et il reviendra au président lui-même de nommer et limoger ses ministres.

Le président pourra intervenir directement dans le fonctionnement de la justice et déclarer l‘état d’urgence. Le parlement passera de 550 députés à 600. Un parlement que le président pourra contourner en promulguant des décrets et en obtenant le droit de le dissoudre.

Les élections législatives et présidentielle seront simultanées et le président pourra être élu pour deux mandats de cinq ans, le prochain scrutin étant fixé à novembre 2019. Ainsi, si le compteur du président Erdogan, élu en 2014 à la présidence après 12 ans à la tête du gouvernement, était remis à zéro, il pourrait rester au pouvoir jusqu‘à au moins 2029.

Le 21 janvier, le parlement a adopté le projet de réforme avec une majorité requise des trois cinquièmes requise. Reste maintenant à obtenir l’aval de la population le 16 avril. Le président compte bien l’obtenir, fort d’une popularité qui s’est encore renforcée après le coup d‘État de cet été. Force est de constater que ses partisans n’ont pas été ébranlés dans leur conviction malgré la purge qui a suivi les événements. Mais une partie de la population continue de manifester et de dénoncer une dérive autoritaire d’Erdogan.

À l’image du palais présidentiel qu’il inaugurait en même temps que son dernier mandat, en 2014, la plus grande résidence présidentielle au monde, l’homme fort de la Turquie montre qu’il est là pour durer.

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