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Affaire Fillon : l'enquête confiée à des juges d'instruction


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Affaire Fillon : l'enquête confiée à des juges d'instruction

A deux mois de la présidentielle, trois juges d’instruction ont été désignés pour enquêter sur les soupçons d’emplois fictifs visant la famille de François Fillon, une étape qui pourrait encore fragiliser le candidat de la droite après un mois déjà houleux.

Le parquet national financier (PNF) a annoncé dans la soirée avoir ouvert vendredi une information judiciaire pour “détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, complicité et recel de ces délits, trafic d’influence et manquements aux obligations de déclaration à la Haute Autorité sur la transparence de la vie publique”.

“Trois juges ont été désignés”, a précisé une source judiciaire à l’AFP.

Ces magistrats ont désormais la possibilité de convoquer le candidat à l’Elysée à tout moment en vue d’une éventuelle mise en examen ou d’un placement sous le statut intermédiaire de témoin assisté.

En meeting à Maisons-Alfort, dans la banlieue parisienne, l’ex-Premier ministre n’avait pas directement réagi dans l’immédiat à ce nouveau rebondissement. Les avocats des époux Fillon ne doutent pas que leur innocence “sera enfin reconnue” par “des juges indépendants” ont-ils indiqué dans un communiqué vendredi soir.

François Fillon avait exclu la semaine dernière de se retirer de la course en cas de mise en examen, revenant ainsi sur ses premières déclarations.

Mon retrait poserait un problème démocratique majeur. La locomotive est lancée, rien ne peut l’arrêter, j’irai jusqu’au bout“, avait-il confié, s’en remettant “au seul jugement du suffrage universel“.

Au coeur de l’affaire qui embarrasse le candidat de la droite, les postes occupés par Penelope Fillon comme assistante parlementaire de son mari et de son suppléant, Marc Joulaud. Pendant environ quinze ans, de 1986 à 2013 avec plusieurs interruptions, la discrète Galloise, sans profession connue, a perçu 680.380 euros net: un salaire “parfaitement justifié” aux yeux de François Fillon.

L’enquête porte également sur les activités de Penelope Fillon à La Revue des deux mondes, pour lesquelles elle a perçu environ 100.000 euros brut entre mai 2012 et décembre 2013 et dont le propriétaire, l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharrière, est un proche du candidat.

Autre sujet d’investigations, les emplois d’assistants parlementaires de deux enfants du couple, Charles et Marie Fillon, auprès de leur père quand il était sénateur de 2005 à 2007.

Dans la foulée des premières révélations du “Canard” sur les soupçons d’emplois fictifs de Penelope Fillon, le PNF avait ouvert le 25 janvier une enquête préliminaire confiée à l’Office anticorruption de la police judiciaire (Oclciff). Après avoir reçu un premier rapport de police, le procureur financier, Eliane Houlette, avait exclu le 16 février “en l‘état” tout classement sans suite.

En un mois, les enquêteurs ont enchaîné les auditions des principaux acteurs de l’affaire, notamment les époux Fillon et leurs deux enfants, plusieurs anciens collaborateurs du député, Marc Ladreit de Lacharrière et le directeur à l‘époque de la Revue des deux mondes, Michel Crépu. Une perquisition a été menée à l’Assemblée nationale et le Sénat a transmis des documents.

L’ouverture de cette information judiciaire intervient alors que la loi sur la réforme de la prescription en matière pénale, adoptée définitivement le 16 février, doit entrer en vigueur la semaine prochaine.

Cette loi faisait courir un risque de prescription sur certains des faits visés par l’enquête. C’est pourquoi le PNF justifie, dans son communiqué, l’ouverture de cette instruction, ce vendredi, par “l’ancienneté d’une partie des faits concernés” et “l’exigence de la mise en oeuvre de l’action publique”, c’est-à-dire notamment d’ouvrir une information judiciaire.

Avec agence (AFP)

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