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Brexit: les Lords infligent un nouveau revers à Theresa May

Les Lords ont infligé un nouveau revers au gouvernement britannique en approuvant un second amendement au projet de loi sur l’activation du Brexit, réclamant un vote du parlement sur le résultat des négociations avec l’Union européenne.

La Chambre des Lords, qui doit donner dans la soirée son feu vert au projet de loi, exige que les parlementaires aient, à l’issue des discussions, le dernier mot sur l’accord final et tous les accords commerciaux futurs avec l’UE.

Les membres non élus de la chambre haute du Parlement ont, comme attendu, adopté l’amendement, défendu par les travaillistes, les libéraux-démocrates et plusieurs pairs conservateurs, par 366 voix contre 268.

Le projet de loi amendé doit désormais retourner devant la Chambre des Communes qui, après l’avoir approuvé sans réserve en première lecture, se penchera une nouvelle fois sur le texte la semaine prochaine, sans doute le 13 mars.

Il est probable que les députés annulent les deux amendements adoptés par les Lords, dont celui voté la semaine dernière et destiné à protéger les droits des trois millions de citoyens européens vivant au Royaume-Uni. Mais l’amendement approuvé mardi pourrait causer des sueurs froides au gouvernement conservateur, qui ne dispose que d’un courte majorité à la Chambre des Communes.

Une vingtaine de députés Tories sont susceptibles de le soutenir afin d’offrir, selon les mots d’une des rebelles, Anne Soubry, “un filet de sécurité parlementaire” aux Britanniques sur les conditions du divorce avec l’UE.

La Première ministre Theresa May estime qu’il serait imprudent à ce stade de garantir au parlement d’avoir le dernier mot sur le processus du Brexit. Selon elle, cela pourrait encourager l’UE à “proposer un mauvais accord” au Royaume-Uni dans l’espoir que les parlementaires opposent ensuite leur veto à une sortie de l’UE.

Jusque-là, Theresa May a seulement promis aux parlementaires un vote sur la base d’une acceptation ou d’un rejet de l’offre de Bruxelles. Ce qui signifie que s’ils rejettent le projet d’entente, le Royaume-Uni sortira de l’UE sans aucun accord.

Les détracteurs de Mme May craignent que cela ne provoque un chaos économique et juridique, tous les accords et contrats commerciaux entre le bloc des 27 et le Royaume-Uni devenant caducs du jour au lendemain.

Un sondage de BMG Research pour le quotidien The Independent publié mardi, montre d’ailleurs que seulement 25% des Britanniques soutiendraient une sortie de l’UE “sans relations futures établies” avec le bloc des 27.

Les Lords avaient déjà approuvé mercredi dernier par 358 voix contre 256 un premier amendement destiné à protéger les droits des citoyens européens au Royaume-Uni.

Ce double vote aux allures de camouflet pour le gouvernement a empêché un lancement dès cette semaine des négociations avec Bruxelles, alors que Mme May est lancée dans une course contre la montre pour tenir sa promesse d’activer l’article 50 du traité de Lisbonne d’ici fin mars.

Les négociations du Brexit planeront sur le Conseil européen de Bruxelles où Mme May se rendra jeudi avant de laisser le bloc des 27 discuter vendredi de son avenir sans le Royaume-Uni.

Si plusieurs leaders européens s’attendent à des négociations difficiles, la cheffe du gouvernement britannique se dit optimiste quant à la possibilité de trouver un accord. Mais elle affirme également être prête à quitter la table des négociations, assurant que “pas d’accord est mieux pour le Royaume-Uni qu’un mauvais accord”.

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