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Le Néerlandais Mark Rutte, rempart ébranlé du populisme ?


Pays-bas

Le Néerlandais Mark Rutte, rempart ébranlé du populisme ?

Mark Rutte a 50 ans, il est né à La Haye, il est le chef du “Parti populaire pour la liberté et la démocratie”, le VVD, depuis 2006, et Premier ministre des Pays-Bas depuis le 14 octobre 2010.
Issu du monde de l’entreprise, plus précisément des ressources humaines, il commence sa carrière politique dans les années 90. En 2002, il est nommé secrétaire d‘État à l’Emploi et à la Sécurité sociale, et en 2004 secrétaire d‘État à la Formation professionnelle et à l’Enseignement supérieur.

C’est donc en 2010 qu’il remporte pour la première fois les législatives au moment ou l‘économie du pays est dominée par les effets de l’austérité budgétaire. A l‘époque, il n’exclut pas de former une coalition avec le parti d’extrême droite de Geert Wilders :

‘’Nous n’excluons aucun parti, aucun parti du tout. En même temps, il y a une énorme différence entre mon parti, le parti du Travail et le parti de la LIberté…

Mais une fois chargé de former le gouvernement par la Reine Beatrix, Mark Rutte dont le parti n’a pas eu les rênes du pays depuis 1948, se voit contraint de former une alliance minoritaire de centre-droit entre le VVD et les chrétiens-démocrates du CDA, appuyée par le Parti pour la liberté (PVV) de Wilders.

Il n’a alors qu’un siège d’avance sur les travaillistes, et quand le PVV de Wilders lui retire son soutien en avril 2012 en raison de leur différend sur la réduction du déficit public, il démissionne et des élections anticipées sont organisées.

Vainqueur de justesse du scrutin en septembre, il se voit à nouveau confier la tâche de former un gouvernement. De difficiles négociations s’engagent et Mark Rutte n’a d’autres choix que de s’allier avec ses éternels adversaires sociaux-démocrates du Parti du travail pour diriger le pays. La devise du nouveau cabinet est alors de “construire des ponts”.

A la tête du pays depuis, ce gouvernement peut se targuer d’avoir un bon bilan économique et c’est là-dessus qu’il s’appuie. Cependant, l’impact des mesures de rigueur a été important sur les classes populaires et moyennes, comme partout en Europe. La crise des réfugiés et la montée de l’euroscepticisme sont difficiles à gérer pour ce pro-européen qui se présente comme le candidat de la normalité.

Mi-janvier, il a promis de ne pas former de coalition avec le chef du parti de l’extrême-droite Geert Wilders.
Mais face à ce parti xénophobe qui le talonne, il semble avoir perdu ses repères et emprunte au populiste son propre langage, durcit le ton.

Récemment, dans une lettre ouverte à tous les Néerlandais, il a évoqué le “malaise grandissant” des “gens de bonne volonté” à l’égard des étrangers qui “refusent de s’adapter”. Et il a invité “les personnes qui refusent de s’adapter, critiquent nos habitudes et rejettent nos valeurs” à agir normalement ou à partir”, légitimant ainsi le discours de Wilders.



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