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Quel est l'héritage économique de François Hollande ?


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Quel est l'héritage économique de François Hollande ?

L’emploi, la protection sociale, le pouvoir d’achat : l‘économie est restée la principale préoccupation des Français à l’approche de l‘élection présidentielle. Retour sur l’héritage économique de François Hollande, qui a pris acte de son impopularité en refusant – fait inédit – de briguer un second mandat devant les Français.

Un héritage qu’aucun candidat ne revendique pleinement. Pire, auquel chaque candidat propose ses remèdes : revenu universel, baisse de la fiscalité sur le capital, suppressions de postes dans la fonction publique, sortie de l’euro ou politique de relance.

Croissance, dette et déficits : ça va mieux

Après avoir atteint 1,2% en 2015, la croissance du PIB français a ralenti en 2016 pour s‘établir à 1,1%.

En conséquence le gouvernement a échoué à faire passer le déficit public sous la barre des 3,3% du PIB, comme il s’y était engagé. Mais il est parvenu à stabiliser la dette autour de 96% du PIB.

Après deux années de baisse au début de quinquennat Hollande, les consommateurs français ont vu leur pouvoir d’achat augmenter ces trois dernière années. Mais ils restent menacés par l’inflation grimpante.

L’investissement des entreprises est lui aussi reparti à la hausse depuis 2014, pour atteindre 4% en 2016. Les derniers indices PMI pointent du doigt la dynamique satisfaisante de l’industrie française. De bonne augure pour la croissance.

L’objectif du gouvernement est d’arriver à 1.5% de croissance en 2017. Il est plus optimiste que la banque de France (1.3%) et la commission européenne (1.4%).

Bruxelles estime toutefois que la France parviendra en 2017 à respecter la règle d’or du pacte budgétaire européen en matière de déficit public (3% du PIB). Pas la Banque de France, qui table sur 3,1%.

La part de la dette publique enfin devrait selon la Commission rester stable à 96,7% du PIB. Elle aura progressé de 6,5 points sous le mandat de François Hollande. Sous celui de Nicolas Sarkozy la part de la dette publique avait gagné 21 points.

L’emploi : le grand regret

Mais c’est bien l’emploi, qui a été la priorité de François Hollande, dont la formule est restée dans les mémoires :

Je me suis engagé personnellement, certains on dit hâtivement, pour ne pas dire imprudemment, sur l’objectif de l’inversion de la courbe du chômage. Je m’y tiens et c’est la feuille de route du gouvernement“, assurait encore le président en mai 2013

Un objectif manqué jusqu’aux dernières données publiées avant l‘élection : une baisse infime du chômage au mois de février, insuffisante pour compenser les deux hausses successives qui ont précédé.

Le taux de chômage est actuellement en France autour de 10%, à peu de choses près égal au jour de l‘élection de François Hollande. Mais il y a 550.000 chômeurs de plus, dû à l’accroissement de la population active.

Conclusion du ministre français de l’Economie Michel Sapin : “Nous laissons une France plutôt en bon état, même s’il y a encore beaucoup à faire“.