DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

Meurtres en direct sur Facebook : comment empêcher leur diffusion ?


Thaïlande

Meurtres en direct sur Facebook : comment empêcher leur diffusion ?

Il n’a jamais été aussi facile de poster sur internet des vidéos depuis son téléphone portable, y compris des scènes de violence. Deux meurtres ont récemment défrayé la chronique, car ils ont été diffusés en direct sur Facebook. Lundi, un Thaïlandais a tué son enfant avant de se suicider. Il a filmé la scène et l’a publiée sur le réseau social. Les images sont restées plusieurs heures en ligne avant d‘être retirées. Quelques jours plus tôt, c’est à Cleveland, aux Etats-Unis, que les internautes avaient assisté médusés à un homicide.

Facebook n’est juridiquement “pas responsable” des contenus postés

Après cette affaire, Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, avait promis de ‘‘tout faire” pour éviter que de telles vidéos ne se retrouvent à l’avenir sur son site, tout en concédant avoir “beaucoup de travail” en la matière. Le groupe, basé en Californie, dit employer des milliers de personnes pour vérifier les contenus postés par les internautes, et il compte aussi sur la contribution de ses membres pour signaler une photo ou une vidéo inappropriée.

“Juridiquement parlant, Facebook ne peut pas être tenu responsable pour les contenus mis en ligne par les internautes. Facebook ne publie pas de contenu, il fournit un réseau de diffusion pour que nous, utilisateurs, puissions publier du contenu. Dans le cas d’un meurtre, comment savoir s’il s’agit d’un crime réel ou d’une fiction réalisée par un internaute ? Il est donc très difficile pour les robots de prendre des décisions humaines”, explique Karen North, professeur en réseau social, à l’USC Annenberg, une école de communication et de journalisme basée à Los Angeles.

Modération et censure : le difficile équilibre

Paradoxalement, Facebook a régulièrement été accusé de censure, comme lorsqu’il avait supprimé de plusieurs comptes le cliché historique d’une petite Vietnamienne, victime d’un bombardement au napalm, sous prétexte que l’enfant était nu.

“Pour près de 90 % des personnes de moins de 30 ans, les réseaux sociaux constituent la première source d’information. Si on retire des photographies d’importance historique, si on efface en quelque sorte notre propre histoire, on prive les jeunes de quelque chose d’important dans la compréhension de notre société”, souligne la Première ministre norvégienne, Erna Solberg.

Avec près de deux milliards d’utilisateurs, Facebook est particulièrement vulnérable à cette ère de l’instantanéité, à l’image de ses concurrents, notamment Twitter, également pointé du doigt après la diffusion de contenus violents ou choquants. Pas question toutefois pour les réseaux sociaux de renoncer à leurs applications “en direct”, sur lesquels reposent en partie leur développement.

Chaque histoire peut être racontée de plusieurs manières differentes : retrouvrez les perspectives des autres journalistes d'euronews dans nos autres équipes linguistiques.

Turquie

Collision en mer Noire: le navire russe a coulé, le personnel secouru