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Louis Caprioli : "la radicalisation est un phénomène historique"


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Louis Caprioli : "la radicalisation est un phénomène historique"

Euronews : “Monsieur Caprioli avez-vous, vous aussi, constaté une radicalisation en prison et si oui, que peut-on faire ?”

Louis Caprioli : “La radicalisation c’est un phénomène historique malheureusement qui remonte aux arrestations des islamistes terroristes à partir des années 90. C’est un phénomène qui n’a pas été pris en compte à l‘époque puisque on a mélangé à la fois les gens poursuivis pour des faits de terrorisme avec les “droits communs”. Et à partir des années 90 ça n’a cessé de s’amplifier, nous avons eu une radicalisation des éléments de “droit commun” par des islamistes qui avaient, j’allais dire, un prestige, une aura, d’avoir combattu ou d’avoir commis des attentats. Pour mettre fin à ce phénomène il faudrait avoir des moyens financiers considérables pour séparer totalement les “droits communs” des terroristes et donner des cellules individuelles aux terroristes. Donc il faut des moyens financiers, il faut des personnels adaptés mais je ne crois pas que la déradicalisation peut être commencée en prison puisque les gens qui y sont envoyés, souvent, y sont envoyés pour des faits graves de terrorisme. Donc on a une réflexion à mener, non pas à l‘échelle française mais à l‘échelle internationale, au moins à l‘échelle européenne.”

“Un défi colossal”

Euronews : “Parlons maintenant de cette nouvelle menace terroriste, en tout cas celle que l’on voit opérer sur le sol européen depuis quelques années, elle est multiforme, il n’y a pas de profil type ni en terme d‘âge, ni en terme de milieu social.”

Louis Caprioli : “Concernant les individus qui ne sont jamais apparus dans le radar des services c’est un défi colossal parce que n’importe qui à un moment peut se radicaliser en regardant une vidéo en allant sur internet et passer à l’action avec son camion, avec sa voiture, là c’est imparable.

Après, vous avez ce travail colossal qui est réalisé pour le contrôle des réseaux sociaux et donc là on arrive sur la gestion des méta-données. Ne serait-ce qu’en France il faudrait créer ce qui existe en Angleterre : un service unique pour gérer le traitement des informations, un peu comme une NSA américaine, en Grande Bretagne c’est le Governmental Communication Headquarter... en France nous avons déjà deux services la DGSI la DGSE qui traitent ces données. Je crois qu’il faudrait que tout le monde travaille ensemble, qu’il n’y ait qu’un seul service. Peut être serait-il nécessaire au niveau européen d’avoir un service “traitement des données” mais là on attaque la souveraineté nationale des Etats et donc je redoute qu’on ne puisse pas avoir cette organisme au moins de gestion de ces méta données au niveau européen qui serait une des réponses, une, mais pas la seule réponse.”