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Immersion à 360° dans un séminaire d'art martial Aunkai

Découvrez dans cette vidéo à 360°, un séminaire organisé en France dédié à l’Aunkai Bujutsu, un art martial créé au début du XXIe siècle. Cette méthode permet de prendre conscience de son corps, de le former et de l’unifier.

Fondateur du Aunkai, Akuzawa Minoru a commencé la pratique martiale vers l‘âge de 16 ans. Il s’initie d’abord au Tai-Chi puis au Hsing I. Il étudie aussi le Toshukakuto et le Daïto-Ryu et remporte un championnat international de Sanda en Chine. Sa rencontre avec un pratiquant des anciennes écoles japonaises (Koryu) modifiera totalement son approche des arts martiaux et lui faire découvrir et ressentir une autre façon de pratiquer les voies martiales. Ce long cheminement l’amènera à créer sa propre école en 2003 : l’Aunkai. Aujourd’hui, il fête les dix ans de son enseignement en Europe.

Une approche différente des arts martiaux

L’Aunkai s’inspire des traditions martiales chinoise et japonaise, mais diffère par son approche et sa pratique. En effet, plus que la technique pure, c’est la recherche du mouvement pur qui importe : comment naît le mouvement, comment prendre conscience de notre être et de notre façon de nous mouvoir, comment forger un corps martial.

Sensei Akuzawa Minoru introduit sa pratique ainsi : “Avant d’apprendre à vous battre, il faut apprendre à vous tenir debout, à marcher et à s’asseoir.” Et voici comment il la définit : “C’est une méthode de formation interne du corps pour en avoir un contrôle et une utilisation libre.”

Marcher, bouger, s’asseoir, cela semble bien simple et nous le faisons tous les jours. En réalité, il suffit que Sensei Akuzawa nous explique et nous montre comment – lui – fait ces mouvements pour nous apercevoir qu’il utilise son corps d’une façon différente. Et c’est bien là, le cœur de l’Aunkai : changer l’utilisation du corps et fabriquer un corps martial plutôt qu’apprendre et collectionner des techniques comme c’est le cas dans la grande majorité des arts martiaux.

Akuzawa Minoru fait lui-même cette distinction : “Il existe les budos et les bujutsus, les budos étant très répandus à travers le monde. Les bujutsus sont un art pointu et très ancien. J’ai créé l’Aunkai en gommant les catégories budo / bujutsu en tant qu’art martial ayant pour but de perpétuer et d’approfondir les techniques et l’art ancien,” précise-t-il.

Le “Sensei” résume ainsi sa philosophie et le but de l’Aunkai : “Pour moi, le Bujutsu n’est pas un ensemble de techniques, mais un état du corps. Une fois les principes intégrés, les techniques jaillissent spontanément car le corps peut s’adapter instantanément,” souligne-t-il.

Réapprendre son corps

Ces principes corporels sont pratiqués avec des exercices simples, les “Tanren”. Ceux-ci permettent de prendre conscience de chaque partie de notre corps, de sentir comment elles se lient, comment elles interagissent entre elles et permettent de bouger de façon unifiée.

Ensuite vient le travail à deux au travers des “Kunren” : ce sont sensiblement les mêmes exercices, mais avec un partenaire. Cela permet de vérifier si l’on bouge correctement et aussi de développer la sensibilité de la lecture du corps du partenaire et de son intention. Ce sont des exercices d‘échanges, de tests et de partage.

Enfin, vient le travail dit “libre”, celui où l’on bouge librement en appliquant les principes face à un opposant. Et c’est ce qui importe au professeur : bouger librement en utilisant des principes du corps et non des techniques.

“L’Aunkai s’adresse à tous”

Nous demandons à Akuzawa Minoru à qui s’adresse cet art martial. Il nous répond : “Bien sûr, en tant que Bujutsu si l’on tient compte de l’aspect guerrier, l’Aunkai offre aux combattants la possibilité d’améliorer considérablement leur potentiel et leur mobilité. Pour les personnes qui ne peuvent pas pratiquer les sports de façon intensive, ajoute-t-il, l’apprentissage de cette utilisation du corps peut amener un changement dans la manière de faire les choses quotidiennes ou encore dans la façon de penser, donc de ce point de vue-ci, l’Aunkai peut s’adresser à tous.”

S’il est une chose qui caractérise Akuzawa Minoru, c’est la générosité. Lui ne cache rien de son art. Il l’enseigne pleinement et cherche avant tout à le partager avec ses élèves. Depuis 2006, il vient régulièrement en Europe, notamment en France et en Hongrie, pour participer à des séminaires. Il se déplace aussi dans d’autres régions du monde comme la Nouvelle-Zélande,
Hong Kong ou encore les Etats-Unis.

Et ses séminaires rassemblent des pratiquants venus de différents arts martiaux. Ils maîtrisent des techniques et des apprentissages parfois très différents. Et pourtant, l’Aunkai parle à tous et l’enseignement d’Akuzawa Sensei leur donne souvent, l’impression de redécouvrir leur pratique des arts martiaux.

Plus largement, cet art donne accès à une “sagesse ancienne qui peut également être utile à notre vie moderne (…) que ce soit d’un point de vue martial ou bien encore du point de vue de la santé,” assure Akuzawa Minoru. “Les techniques qui étaient développées dans les écoles traditionnelles japonaises et qui visaient à former le corps pour l’utiliser de façon appropriée ne sont plus présentes – ou que très peu – dans les sports ou encore dans les budos modernes, indique-t-il. C’est pour cette raison que j’essaie via l’Aunkai et à travers mon propre corps, de faire perdurer cette connaissance et cette sagesse de nos anciens,” conclut-il.

Lexique

Sensei : professeur, maître (celui qui maîtrise son art)

Budo : regroupe l’ensemble des arts martiaux japonais créés entre la fin du XIXe et le XXe siècle et davantage axés sur le développement personnel
Bu : guerre
Do : voie. Exemples : Karaté, Do, Judo, Kendo, Aïkido…

Bujutsu : ensemble des techniques guerrières féodales du Japon. Même s’il y a une partie de développement personnel, la recherche est plus axée sur le combat

Jutsu : technique

Tanren : exercices solo permettant de “forger le corps”

Kunren : exercices en duo qui permettent de développer le ressenti et le travail à deux

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