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Tour de France : suivez le guide


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Tour de France : suivez le guide

3 semaines de course, 21 étapes à disputer, 198 coureurs au départ, 3450 kilomètres à parcourir et 11 millions de spectateurs. Ces quelques chiffres vous donnent une idée de l’ampleur prise par le Tour de France, la plus grande course cycliste de la planète. Pour tout savoir sur la 104e édition, qui s’élancera de Düsseldorf ce samedi pour s’achever sur les Champs-Elysées le 23 juillet et qui passera par les cinq massifs montagneux de l’Hexagone (une première depuis un quart de siècle), je vous propose de suivre notre guide.


Après Cologne en 1965, Francfort en 1980 et Berlin en 1987, ce sera la quatrième fois qu’une ville d’Allemagne accueillera le Grand Départ de la Grande Boucle. Pour commencer, ce ne sera pas un prologue (la distance doit être inférieure à 8 kilomètres), mais un contre-la-montre individuel de 14 kilomètres qui sera organisé dans les rues de Düsseldorf, essentiellement le long du Rhin. Avec un grand favori, l’Allemand Tony Martin, triple champion du monde de la spécialité.


Le peloton quittera Düsseldorf le dimanche pour emprunter la vallée de Néandertal avant de mettre le cap au sud-ouest pour traverser Mönchengladbach, Aix-la-Chapelle, et la frontière avec la Belgique. L’arrivée aura lieu à Liège, comme pour la « Doyenne des Classiques » Liège-Bastogne-Liège, sauf qu’il n’y aura de bosses sur le parcours, et qu’une arrivée au sprint semble donc inévitable.


Au troisième jour de course, le peloton traversera un troisième pays – le Luxembourg – avant de rouler enfin sur les routes de France. A Longwy, qui fut longtemps l’un des pôles majeurs de la sidérurgie en Lorraine, le vainqueur sera sans doute un « puncheur » puisque la ligne d’arrivée sera placée en haut de la côte des Religieuses (1,6 km à 5,8 %).


C’est au Luxembourg, dans la ville thermale de Mondorf-les-Bains, que sera donné le départ de la quatrième étape. Direction une autre ville d’eau, Vittel, après plus de 200 kilomètres sur des routes pratiquement toutes plates. Il faut avoir beaucoup d’imagination pour se dire que la victoire échappera à un sprinter.


Le premier rendez-vous pour les favoris du Tour est programmé le mercredi 5 juillet. Comme en 2012 et en 2014, c’est dans la petite station de ski vosgienne de La Planche des Belles Filles (5,9 km à 8,5 %) que les cadors vont en découdre. Il y a cinq ans, Chris Froome s’était imposé. Il y a deux ans, c’était Vincenzo Nibali…


Retour à l’ordinaire et retour en plaine pour la sixième étape entre Vesoul et Troyes. Les coureurs passeront par Colombey-les-deux-Eglises, le fief du Général de Gaulle, où il a vécu les dernières années de sa vie et où il est enterré. Le village est d’ailleurs surplombé par une immense Croix de Lorraine.


Les amateurs de bon vin étancheront leur soif de cyclisme à l’occasion de la septième étape. Les derniers kilomètres sont tracés au milieu des plus grands crus de Bourgogne et l’arrivée jugée à Nuits-Saint-Georges.


La moyenne montagne sera au menu de cette huitième étape 100 % jurassienne. De Dôle, les coureurs prendront la direction de la station des Rousses. Avec la Côte de Viry en apéritif et la Montée de la Combe de Laisia les Molunes – c’est le nom officiel – et ses 11,7 km à 6,4 % en plat principal.


Routes étroites et fortes pentes en ce dimanche 9 juillet avec pas moins de trois cols classés hors-catégorie. Le peloton va d’abord découvrir le Col de la Biche (10,5 km à 9 %) avant d’attaquer la « Directissime » du Grand Colombier (8,5 km à 9,9 %). Il faudra ensuite adopter un braquet souple pour gravir le Mont du Chat (8,7 km à 10,3 %) et faire preuve d’agilité dans la descente vertigineuse vers le Lac du Bourget et Chambéry.


Au lendemain du transfert et de la journée de repos, la Dordogne sera à l’affiche de la dixième étape entre Périgueux et Bergerac. Avec des passages à Montignac, où se situe la grotte de Lascaux, aux Eyzies, la capitale mondiale de la Préhistoire, à Sarlat-la-Canéda, célèbre ville médiévale, avant de suivre le cours de la rivière Dordogne sur les 80 derniers kilomètres.


Les coureurs ne seront pas dépaysés le 12 juillet puisqu’ils gagneront Pau, la ville qui accueille le plus souvent le Tour de France après Bordeaux et Paris. Les longues lignes droites des Landes risquent d’être fatales aux courageux qui se lanceraient dans une échappée. Surtout que les sprinters n’auront plus l’occasion de briller les jours suivants…


Les cinéphiles ne manqueront pas la première étape pyrénéenne, entre Pau et Peyragudes, via le col de Menté (6,9 km à 8,1 ), le port de Balès (11,7 km à 7,7) et le col de Peyresourde (9,7 à 7,8 %). Avant une dernière ascension jusqu’à l’altiport de Peyragudes où furent tournées quelques scènes de Golden Eye, le 17e volet des aventures de James Bond au cinéma.


L’étape la plus courte du Tour entre Saint-Girons et Foix ne sera pas la plus facile, avec « seulement » 101 kilomètres, mais trois difficultés à gravir : les cols de Latrape et d’Agnes, ainsi que le redoutable mur de Péguère et sa pente qui atteint les 18 %. Nul doute que les Français auront à cœur de briller en ce 14 juillet, jour de fête nationale.


De Blagnac à Rodez, la Grande Boucle passera par Carmaux, cité minière qui a conservé le souvenir des luttes menées par Jean Jaurès. Plus que le relief, la chaleur pourrait jouer un vilain tour aux coureurs qui éprouveront peut-être le besoin de souffler après deux jours dans les Pyrénées.


La traversée du Massif Central, du Sud-Ouest au Nord-Est, se poursuivra entre Laissac-Sévérac l’Eglise et Le Puy-en-Velay. Les cyclistes pourraient croiser les marcheurs qui vont en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle. Le Col de Peyra Taillade (8,3 km à 7,4 %) pourrait faire des dégâts…


Après la deuxième journée de repos, au Puy, la 16e étape sera relativement courte (165 km) jusqu’à Romans-sur-Isère, après un passage à Saint-Bonnet-le-Froid, haut lieu du mythique rallye du Monte-Carlo, et un autre dans les vignes de Tain-l’Hermitage.


Le mercredi 19 juillet, les grimpeurs seront à la fête entre La Mure et Serre-Chevalier avec quatre cols à escalader, dont l’interminable Croix de Fer (24 km à 5,2 ), le Télégraphe (11,9 km à 7,1) et le Galibier (17,7 km à 6,9 %) qui sera le toit du Tour avec 2642 mètres d’altitude. C’est d’ailleurs que sera attribué le prix du Souvenir Henri Desgrange, le créateur de la Grande Boucle en 1903.


La dernière étape de montagne se disputera entre Briançon, l’une des villes les plus hautes d’Europe, et le col de l’Izoard, à 2360 mètres d’altitude. Avant cela, la caravane publicitaire, les coureurs et les suiveurs auront longé le lac de Serre-Ponçon, traversé Barcelonnette, où de nombreux habitants s’étaient exilés pour chercher fortune au Mexique, et grimpé le col de Vars. Sur les rampes de l’Izoard, le paysage deviendra lunaire à la Case Déserte, où sont érigées les stèles en hommage à Fausto Coppi et Louison Bobet.


Cap au Sud pour la 19e étape entre Embrun et Salon-de-Provence, le lieu où s’entraîne la Patrouille de France. Les “avions de chasse” du peloton – les sprinters – auront les faveurs des pronostics, à moins de courir en vain derrière des baroudeurs.


Un deuxième contre-la-montre individuel de 22,5 km est programmé à Marseille, à la veille de l’arrivée. Départ et arrivée au Stade Vélodrome, passage aller-retour au Vieux-Port et ascension jusqu’à Notre-Dame de la Garde, le spectacle promet d’être grandiose et figera le classement général.


C’est à Montgeron, en 1903, que s’élança le premier Tour de France. C’est aussi à Montgeron que les rescapés de la 104e édition prendront la direction de Paris pour la traditionnelle procession sur les Champs-Elysées avec huit tours de circuit à effectuer et une victoire promise aux sprinters.